L’appétit des consommateurs pour les produits imitant la viande à partir de protéines végétales s’accompagne d’investissements importants du côté des producteurs. Le thaïlandais NRF et le britannique Brecks ont créé une co-entreprise, Plant & Bean, pour ouvrir au Royaume-Uni une usine de produits végétaux en marque blanche.
L’Europe est un nouveau terrain de jeu pour les géants spécialisés dans les substituts de viande à base de protéines végétales. Après les annonces récentes de Beyond Meat (deux usines aux Pays-Bas dont une en partenariat avec le groupe Zandbergen) et d’Unilever (investissement de 85 millions d’euros dans la R&D sur le végétal), qui viennent compléter des équipements conséquents comme celui de Nestlé en République tchèque, déjà opérationnel, c’est désormais au tour de deux acteurs de l’agroalimentaire de dévoiler leur nouvelle usine européenne. Le fabricant de protéines végétales britannique Brecks et le géant de l’agroalimentaire thaïlandais NRF ont ainsi créé une co-entreprise au Royaume-Uni, Plant & Bean, pour y fabriquer des substituts de viande à partir de végétaux.
« Plant & Bean ouvre au Royaume-Uni le plus grand site de production d’Europe pour accélérer l’adoption des substituts végétaux de viande », annonce l’entreprise le 9 décembre. Le site installé à Boston, dans le Lincolnshire, aura une capacité de 55 000 tonnes de produits par an et s’étendra sur 263 000 m2. Ce nouveau site « géant » permettra, selon la société, d’associer la qualité des produits finis et un coût très compétitif. Les qualités organoleptiques des produits actuellement sur le marché, et leur prix élevé, empêchent de recruter des consommateurs en masse. C’est l’avis du p.-d.g. de Plant & Bean, Edwin Bark : « À l’heure actuelle, soixante-cinq pour cent des consommateurs ne mangent pas de substituts végétaux de viande en raison de leur prix et de leur qualité. Grâce à notre approche sur ces deux fronts, nous pensons être les mieux placés pour apporter les changements significatifs nécessaires à la résolution de ces problèmes ». Plant & Bean affirme s’appuyer sur des technologies propres permettant de réduire de moitié le prix de la protéine de pois, alors que celle-ci est deux fois plus chère que la protéine de soja.
Produire à grande échelle et bon marché
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Plant & Bean affirme avoir constitué autour de lui un « écosystème » lui permettant de se différencier de la concurrence. Parmi ses partenaires, il cite « une entreprise mondiale de développement de produits alimentaires, Griffith Foods, un fabricant spécialisé et fournisseur d’ingrédients de protéines de soja sans OGM de qualité supérieure, Gushen, et des organismes de recherche de renommée mondiale, la Wageningen University & Research (Pays-Bas) ainsi que le Singapore Institute of Technology, axé sur l’alimentation et la durabilité ».
Avec ce nouveau site, Plant & Bean vise les marques dépourvues d’usines de substituts de viande et les distributeurs qui recherchent des fabricants pour leurs MDD. La société s’appuie sur l’expérience de Brecks Foods, dont la branche végétale est active dans les substituts de viande depuis plus de vingt ans. Cette branche constitue la base de Plant & Bean, co-entreprise créée avec le thaïlandais NRF qui y a injecté 9 millions de £ (9,77 millions d’euros) en 2019. NRF est la première entreprise de fabrication d’aliments spécialisés à être cotée à la Bourse de Bangkok. Elle a décidé de mettre clairement l’accent sur ces nouveaux produits en prévoyant de monter au capital de Plant & Bean à brève échéance. De 25 % actuellement, sa part du capital doit monter à 50 % en 2021. Ce renforcement va s’accompagner d’un déploiement international en dupliquant l’usine britannique en Amérique du Nord en 2021, en Chine en 2022, en Thaïlande en 2023 et en Amérique du Sud en 2024. Chaque équipement aura une capacité de production de 25 000 tonnes par an, prévoit Plant & Bean.