Le très compétitif agrobusiness brésilien ne peut que se féliciter de l’élection à la présidence du pays, avec 55,7 % des voix, le 28 octobre, de Jair Bolsonaro (extrême droite), dont il est un puissant soutien. Création d’un « super-ministère » de l’économie, dirigé par l’ultra-libéral Paulo Guedes, fusion des ministères de l’agriculture et de l’environnement font partie du programme de Jair Bolsonaro qui prendra ses fonctions en janvier pour un mandat de quatre ans.
Un programme qui ne mentionne pas le Mercosur et vise plutôt à « mettre l’accent sur les relations et accords bilatéraux ».
Il y a peu, le ministre argentin de la production et du travail, Dante Sica, affirmait que l’UE et le bloc-sud américain (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) seraient en mesure de parvenir rapidement à conclure un accord de libre-échange, éventuellement en marge du sommet du G20 qui se tiendra sous la présidence de l’Argentine les 30 novembre et 1er décembre à Buenos Aires (1).
« Prison intellectuelle »
Dans un entretien accordé le 29 octobre au quotidien argentin Clarín, Paulo Guedes confirme que « le Mercosur ne sera pas une priorité » de Jair Bolsonaro.
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Le futur ministre brésilien de l’économie qualifie le bloc sud-américain de « prison intellectuelle » en ce sens qu’il empêche le développement des échanges unilatéraux avec d’autres régions.
« L’agriculture et l’environnement seront un seul et même ministère », a confirmé le 30 octobre le député Onyx Lorenzoni, futur chef de gouvernement du président élu.
Ce ministère traitera de « la politique économique et agricole », « des ressources naturelles et de l’environnement rural », a-t-il précisé.
Soutenu par le lobby parlementaire de l’agrobusiness, Jair Bolsonaro est ouvertement plus sensible aux intérêts des grands propriétaires terriens qu’à ceux des défenseurs de la nature. « Que ce soit bien clair : le futur ministre sera issu du secteur productif. Nous n’aurons plus de bagarres à ce niveau-là », avait-il affirmé dans l’entre-deux tours.
(1) Voir n° 3665 du 29/10/18