Pour le monde agricole, il y a trois manières d’envisager le fameux Brexit, cette sortie éventuelle du Royaume-Uni de l’Union européenne. Trois niveaux d’analyse.

Le premier est le risque pour plusieurs secteurs de production qui sont actifs sur ou avec le marché britannique. Les fruits, dont les pommes surtout, les ovins, sont des exemples qui, pour des raisons différentes, pourraient être affectés. D’une manière générale, l’hypothèse d’une baisse de la livre pourrait constituer un mauvais coup pour nos exportations en général. Plus encore, la désorganisation de flux commerciaux traditionnels n’est jamais une bonne nouvelle pour les exportateurs. Il faut aussi considérer la possibilité de signer de futurs accords commerciaux par lesquels on n’aurait pas grand-chose à gagner au regard d’aujourd’hui.

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La deuxième analyse, en cas de Brexit, consiste à se réjouir de la sortie d’un membre important de l’Union européenne qui fut toujours un des ardents défenseurs de la dérégulation. Le camp des ultra-libéraux pourrait en prendre un certain coup et ce n’est pas plus mal pour les tenants d’une Pac régulatrice des marchés agricoles. Ils sont majoritaires en France.

La troisième analyse n’est pas si optimiste. La sortie des Britanniques de l’UE est un mauvais coup à l’esprit européen et à la puissance de l’Union. Les eurosceptiques marqueront des points. La sortie d’un État aussi important que le Royaume Uni mettra en évidence les faiblesses de la construction issue du Traité de Rome, cette construction qui avait mis tant de temps à accueillir nos voisins d’outre-Manche. L’aura de l’Europe dans le monde en prendrait un sérieux coup. Une hypothèse négative pour son agriculture qui compte tant sur son exportation et son influence dans le monde.