Abonné

Brexit : Bruxelles souligne les problèmes posés par la proposition britannique de zone de libre-échange

- - 4 min

Le « livre blanc » britannique sur les relations commerciales avec l’UE après le Brexit soulève des questions qui concernent notamment les produits agroalimentaires, estime la Commission européenne. Londres menace de faire d’un accord de libre-échange entre les deux parties une condition du paiement de la facture du divorce.

La proposition du Royaume-Uni de créer une zone de libre-échange avec l’Union après le Brexit (1) soulève une « série de questions », selon le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, qui en a discuté à Bruxelles avec les ministres des affaires européennes des Vingt-sept le 20 juillet et les jours précédents avec le nouveau ministre britannique chargé du dossier, Dominic Raab (1). Une de ces interrogations concerne, a-t-il dit devant la presse, « l’intégrité du marché intérieur et de l’union douanière et de notre politique commerciale commune ».

« Le Royaume-Uni se dit prêt à s’aligner sur les standards de l’Union pour les biens – mais uniquement pour les standards contrôlés à la frontière. (Il) ne s’alignerait donc pas sur nos règles agroalimentaires relatives, par exemple, aux OGM ou aux pesticides, puisque le respect de ces règles n’est pas contrôlé à la frontière », a expliqué Michel Barnier. Cela « nous a été confirmé cette semaine dans la négociation », mais « comment pourrions-nous alors protéger les consommateurs européens ? » et « sur quelle base pourrions-nous accepter la libre circulation de ces biens ? », a-t-il ajouté.

L’industrie agroalimentaire de l’UE préoccupée

L’association de l’industrie agroalimentaire de l’UE, FoodDrinkEurope, est elle aussi préoccupée. Le projet britannique, a-t-elle déploré le 19 juillet, « ne fait aucune référence explicite à la participation du Royaume-Uni à l’Autorité européenne de sécurité des aliments » (Efsa).

Michel Barnier s’est aussi demandé si les propositions du « livre blanc » publié le 12 juillet par Londres sont « opérationnelles », applicables « sans complexité supplémentaire ni bureaucratie additionnelle ». La question se pose en particulier, estime-t-il, pour celle consistant à « appliquer deux tarifs – celui du Royaume-Uni ou celui de l’Union – aux biens qui entrent au Royaume-Uni, selon que ces biens sont destinés au marché britannique ou au marché européen ».

Un lien avec le paiement de la facture

Le ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, a averti, dans un entretien publié le 22 juillet par le Sunday Telegraph, que son pays ne paiera la facture du divorce avec l’Union qu’à la condition qu’un accord commercial soit trouvé.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

« Il existe désormais un risque réel de ne pas parvenir, par accident, à un accord », a déclaré pour sa part le lendemain le nouveau ministre britannique des affaires étrangères, Jeremy Hunt, à l’issue d’un entretien à Berlin avec son homologue allemand, Heiko Maas.

La Commission européenne avait invité le 19 juillet « les États membres et les acteurs privés à intensifier leurs préparatifs » en anticipant tous les scénarios possibles, y compris celui qualifié de « rupture brutale », c’est-à-dire un Brexit sans accord.

(1) Voir n° 3653 du 16/07/18 et n° 3654 du 23/07/18

Theresa May prend les commandes

La première ministre britannique Theresa May a annoncé le 24 juillet qu’elle prenait désormais les commandes des négociations sur la sortie de l’Union, le ministère du Brexit « continuant de diriger tous les préparatifs du gouvernement ».

Les pourparlers se poursuivaient du 24 au 26 juillet lors d’une nouvelle session à Bruxelles.