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Brexit : incartade britannique

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Le Royaume-Uni veut commencer dès maintenant à négocier des accords commerciaux bilatéraux avec des pays tiers dans la perspective de sa sortie de l’UE. Une initiative qui déplaît fortement à Bruxelles. 

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tancé la première ministre britannique, Theresa May, en marge du sommet du G20 des 4 et 5 septembre à Hangzhou (Chine) (1), rappelant à cette dernière, qui avait fait part de son souhait de présenter à ses pairs les opportunités commerciales qui s’ouvriront à travers le monde pour le Royaume-Uni après sa sortie de l'UE, que la négociation d'accords de libre-échange est du ressort de l’Union.

« Je n’aime pas l’idée que des pays membres de l’UE, y compris ceux qui en font encore partie, négocient des accords commerciaux. Il s’agit d’une attribution exclusive de l’UE, en vertu des traités et nous devons nous y tenir », a insisté le chef de l’exécutif européen. 

L’Australie déjà en discussion avec Londres

Theresa May n'avait pas caché son intention de saisir à l'occasion du sommet du G20 les opportunités commerciales qui s’ouvriront à travers le monde pour le Royaume-Uni après le Brexit, affirmant le souhait d'entamer dès maintenant des pourparlers bilatéraux afin de faire de son pays un « leader mondial du libre-échange » après le Brexit.

L'Australie est déjà en discussion avec le Royaume-Uni pour négocier un tel accord, a confirmé à Hangzhou le premier ministre australien, Malcom Turnbull.

La première ministre britannique a annoncé que d'autres pays – l'Inde, le Mexique, la Corée du Sud et Singapour – étaient aussi « disposés à ouvrir des discussions » pour « lever leurs barrières commerciales » vis-à-vis du Royaume-Uni.

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Les États-Unis ont reconnu avoir eu avec Londres « des discussions » sur le commerce, mais le président américain, Barack Obama, a précisé que la négociation d'un accord de libre-échange avec l'UE (TTIP) restait la priorité (2). 

(1) et (2) Voir même numéro

Sommet à 27 sur l’avenir de l’Union

Les chefs d'État et de gouvernement de 27 États membres de l’UE se réuniront le 16 septembre à Bratislava. Le Brexit ne sera pas, selon le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, « le principal sujet » de cette rencontre, les discussions devant être centrées sur « l’avenir de l’Union à 27 ». 

Par ailleurs, le Parlement européen doit se prononcer le 15 septembre sur la candidature du Britannique Julian King au poste de commissaire pour l’Union de la sécurité que le président de l’exécutif se propose de lui confier. 

La candidature de Julian King en tant que membre de la Commission avait été présentée par l’ex-premier ministre David Cameron après la démission du commissaire européen britannique Jonathan Hill le 25 juin, au lendemain du résultat du référendum ayant consacré la victoire des partisans du Brexit.