Principale conséquence post-Brexit depuis janvier, la hausse des coûts liés aux procédures administratives. Les industriels britanniques du secteur agroalimentaire dénoncent un système archaïque qui plombe les ventes à destination de l’UE.
Trois mois après l’entrée en vigueur de l’accord commercial UE/Royaume-Uni, l’Association des producteurs de viande britannique (BMPA) estime dans un rapport publié le 25 mars que le coût additionnel engendré par le Brexit pourrait atteindre entre 90 et 120 Mio de livres (105 et 140 Mio €) par an pour ledit secteur. Une hausse qui s’explique avant tout par une augmentation de 60 à 100 % des coûts de certification pour chaque envoi à l’exportation : déclarations en douane, agents de douane, transitaires et inspections vétérinaires supplémentaires qui rendent même, selon les professionnels, « certaines exportations non viables ». Sans oublier, poursuit le document, « des coûts supplémentaires "cachés" liés à l’augmentation de l’assurance du fret, au personnel administratif supplémentaire et aux frais de transport plus élevés afin de compenser l’allongement des délais pour obtenir une autorisation d’exporter ».
Nette baisse des échanges agricoles en janvier
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En raison de ces problèmes systémiques, la plupart des entreprises s’attendent maintenant à une perte permanente de 20 % du commerce d’exportation et certaines prévoient que ces pertes atteignent plus de 50 %, indique le rapport. Dans une note mensuelle publiée le 23 mars, la Fédération britannique de l’alimentation et des boissons (FDF) constate une forte chute des ventes à destination de l’UE de l’ordre de 75,5 % (soit 877 Mio €) en janvier 2021 par rapport au même mois un an plus tôt. Une tendance confirmée par le gouvernement britannique qui montre, dans son bulletin mensuel de janvier publié le 12 mars, une diminution des exportations de denrées alimentaires et d’animaux vivants vers l’UE de l’ordre de 822 Mio € (soit -63,6 %) en janvier 2021.
Dans ce contexte, la BMPA appelle à la mise en place d’un « nouveau système numérique moderne et intégré ». L’association avance aussi l’idée d’un espace vétérinaire commun, qui permettrait de « négocier un accord plus solide avec l’UE afin de suivre des règles parallèles et faciliterait ainsi les problèmes d’envoi de denrées alimentaires à la fois vers l’UE et vers l’Irlande du Nord ». Pour Nick Allen, directeur de la BMPA, « les obstacles à l’exportation auxquels nous sommes confrontés sont désormais visibles et ne sont pas près de disparaître ». En conséquence, il appelle Londres à reprendre de toute urgence le dialogue avec l’industrie et l’UE « afin de trouver des solutions détaillées et durables ».