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Brexit Brexit : les industries des spiritueux et des vins réclament une période transitoire « d’au moins deux ans »

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Alors que les négociations sur le Brexit sont passées à une seconde phase, l’industrie des spiritueux et celle des vins de l’UE et du Royaume-Uni plaident – ensemble – pour une période transitoire d’au moins deux ans pour éviter une perturbation des flux commerciaux. Elles réclament également la continuation de l’application de la législation communautaire des deux côtés de la Manche durant cette transition.

Dans un document commun, les porte-voix de l’industrie des spiritueux de l’UE et du Royaume-Uni (1) ont demandé aux négociateurs sur le Brexit de faire preuve de flexibilité en ce qui concerne la période de transition qui suivra le retrait officiel du Royaume-Uni de l’UE. Considérant qu’il est peu probable qu’un accord commercial bilatéral global soit conclu d’ici mars 2019 (fin prévue des négociations), ils estiment qu’une période transitoire « d’au moins deux ans » serait probablement nécessaire pour permettre au secteur d’avoir un minimum de prévisibilité jusqu’à ce que les futurs régimes douaniers et commerciaux puissent entrer en vigueur. Pour la planification commerciale, tant dans l’UE à 27 qu’au Royaume-Uni, les entreprises communautaires et britanniques du secteur doivent être en mesure de connaître ces mesures transitoires afin de prendre les décisions nécessaires à l’avance pour éviter les coûts supplémentaires et l’incertitude juridique. Les professionnels des spiritueux et des vins communautaires et britanniques considèrent aussi que les règles communautaires actuelles dans le secteur doivent pouvoir continuer à s’appliquer pendant cette période transitoire.

Plus concrètement, l’UE et le Royaume-Uni doivent veiller à ce que toute la législation de l’UE et les obligations internationales découlant des ALE (Accords de libre-échange) et accords bilatéraux actuels de l’UE sur les spiritueux et sur les vins s’appliquent de manière intégrale et réciproque à l’UE à 27 et au Royaume-Uni jusqu’à la fin de la période de transition. Aux yeux des représentants de l’industrie des spiritueux et des vins de l’UE et du Royaume-Uni, un accord douanier global entre les deux partenaires est nécessaire dans les plus brefs délais, un accord qui devra coûte que coûte bannir tarifs douaniers aux frontières, délais de traitement et davantage encore contrôles de conformité et coûts administratifs pour le commerce des vins et spiritueux.

Et si dans le cadre des futures relations UE/UK, la convergence de la législation ne s’avère pas réalisable, la reconnaissance mutuelle des normes de l’UE à 27 et du Royaume-Uni devrait s’appliquer pour assurer la fluidité des échanges commerciaux. Le Royaume-Uni et l’UE à 27 devraient par ailleurs continuer à coopérer pour faire la chasse aux produits contrefaits.

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Comme on le sait, une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’UE, et en supposant qu’il ne maintienne pas une union douanière avec l’UE à 27, les deux partenaires seront en mesure de négocier ensuite leurs propres accords commerciaux avec des pays tiers dans le monde entier. Les professionnels de l’industrie des vins et spiritueux demandent à l’UE et au Royaume-Uni de veiller à ce que le Brexit n’ait pas de conséquences négatives « sur la mise en œuvre harmonieuse et équitable des accords bilatéraux existants entre l’UE et les pays tiers ». Ils attendent du Royaume-Uni et de l’UE qu’ils continuent à coopérer étroitement pour s’attaquer aux obstacles à l’accès au marché qui se dressent dans les pays tiers et à travailler ensemble pour veiller à ce que des exigences réglementaires cohérentes soient établies dans ces mêmes pays tiers. Pour eux, l’accord de transition UE/UK devrait inclure non seulement les relations futures entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni, mais aussi garantir le maintien de l’ensemble de l’acquis communautaire dans le domaine du vin et des spiritueux, ainsi que la poursuite de l’application des accords de libre-échange conclus avec les pays tiers.

Le Royaume Uni est, en volume, le deuxième marché mondial d’importation et se situe au sixième rang mondial des pays consommateurs de vin. Le Royaume-Uni importe chaque année 2,5 milliards d’euros de vin depuis l’Union européenne et exporte vers le continent 2,1 milliards de spiritueux. Sur le marché britannique, les vins européens représentent 42 % en volume et 55 % en valeur.

Le Royaume-Uni : 2e importateur mondial de vin français

La France est le 1er pays exportateur de vin au monde en valeur. L’export représente 30 % de la commercialisation des vins français. 54 % des vins français sont exportés sur le marché de l’Union européenne. En valeur, les États-Unis étaient le premier débouché des vins français dans le monde en 2016, suivis par le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Chine. En volume, c’est l’Allemagne qui est en première position, suivie par le Royaume-Uni, les États-Unis et la Chine.