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Brexit : l’industrie alimentaire belge plaide pour que le Royaume-Uni quitte l’UE sans trop de dégâts

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Pour éviter autant que possible un scénario de "no deal", l’industrie alimentaire belge exhorte le gouvernement de Charles Michel et l’Union européenne à mettre tout en œuvre pour que le Royaume-Uni quitte l’UE avec un accord ou avec une future relation commerciale sous la forme d’une union douanière.

Pour éviter autant que possible un scénario de "no deal", l’industrie alimentaire belge exhorte le gouvernement de Charles Michel et l’Union européenne à mettre tout en œuvre pour que le Royaume-Uni quitte l’UE avec un accord ou avec une future relation commerciale sous la forme d’une union douanière.

« Mettez tout en œuvre pour que le Royaume-Uni quitte l’UE avec un accord, car faire du commerce sous le régime de l’OMC signifie que nos entreprises devront faire des déclarations de douane, demander des certificats sanitaires, se soumettre à des contrôles aux frontières et par les agents de l’AFSCA (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) et payer des tarifs douaniers qui peuvent s’élever jusqu’à 60% ». C’est ainsi que débute la lettre que la Fédération de l’industrie alimentaire belge (Fevia) a adressée le 18 février au gouvernement belge pour l’appeler à tout mettre en œuvre pour aider à éviter un scénario de no deal avec le Royaume-Uni. La lettre précise aussi que si le Royaume-Uni demande de reporter le Brexit, « nous pensons qu’il faudrait examiner sa requête, pour autant que l’on puisse bien sûr parvenir à un accord à court terme ». Les auteurs de la lettre soulignent à l’intention des dirigeants belges de mettre tout en œuvre en vue d’une future relation commerciale sous la forme d’une union douanière avec le Royaume-Uni car, disent-ils, « un accord de libre-échange classique ne répond pas aux besoins de l’industrie alimentaire européenne avec sa chaîne de production intégrée où les ingrédients et les produits traversent souvent plusieurs fois la frontière ». Ils estiment que pour assurer un commerce sans encombre, il est nécessaire d’avoir « une collaboration douanière intense et une harmonisation maximale de la réglementation ».

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Rappelant les résultats d’une étude publiée par l’Université catholique de Louvain, selon laquelle la Belgique serait le pays membre de l’UE qui souffrirait le plus du retrait du Royaume-Uni (perte possible de plus de 3 000 emplois dans le cas d’un Brexit dur et de 500 emplois dans le cas d’un Brexit doux), les industriels belges appellent « toutes les autorités gouvernementales compétentes à minimiser l’impact sur les entreprises et à œuvrer à une préparation maximale ainsi qu’à une collaboration intense avec et entre tous les niveaux politiques compétents, les autorités et les secteurs concernés ». Les responsables politiques belges sont également sollicités pour que la période de transition corresponde à l’entrée en vigueur de la nouvelle relation commerciale avec le Royaume-Uni. Et si, par malheur, aucun accord n’est trouvé avant fin 2020, les industriels belges appellent à prolonger la période de transition « jusqu’à ce que la nouvelle relation commerciale entre en vigueur, afin que nos entreprises ne doivent s’adapter qu’une seule fois ».

Ils demandent par ailleurs au gouvernement de relayer et de soutenir au niveau européen le récent appel lancé à la Commission européenne par FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie alimentaire européenne, prévoyant qu’en cas de Brexit dur des mesures d’urgence soient prises pour la douane, l’étiquetage, le transport et la sécurité alimentaire, ainsi qu’en matière d’exigences phytosanitaires. Et si l’on en arrivait tout de même à un Brexit dur, les professionnels belges réclament le renforcement des agences de douane et de l’AFSCA ainsi « qu’un soutien massif de l’ensemble des entreprises en libérant les fonds nécessaires pour que ces deux structures puissent engager du personnel supplémentaire ». Particularité typiquement belge : ils demandent également « que les vétérinaires francophones puissent facilement effectuer des contrôles en Flandre »…