Manque de clarté des positions du Royaume-Uni selon l’UE, manque de flexibilité et de pragmatisme du côté de l’UE selon Londres : les négociations du Brexit, dont une nouvelle session s’est tenue du 28 au 31 août, se poursuivent dans un climat de défiance. Les Britanniques veulent discuter au plus vite de la question des futures relations commerciales, question que Bruxelles ne veut aborder que lorsque des progrès suffisants auront été réalisés sur les modalités du divorce, la facture de sortie notamment.
Les pourparlers du Brexit n’ont permis d’enregistrer « aucun progrès décisif sur les sujets principaux » liés aux modalités du divorce programmé fin mars 2019, a déploré le 31 août le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, au terme d’un troisième cycle de tractations à Bruxelles. « Nous sommes loin de constater des progrès suffisants pour pouvoir recommander au Conseil européen d’engager des discussions sur la future relation » entre les deux parties, a-t-il souligné. À ses côtés, son homologue britannique, David Davis, a affirmé que « l’approche britannique (est) significativement plus flexible et pragmatique » que celle de l’UE.
Les négociateurs doivent se retrouver le 18 septembre.
D’abord des « progrès suffisants » sur les modalités du divorce
Les Vingt-sept ont fixé trois priorités absolues : la facture que devra honorer Londres en quittant l’Union, le sort des citoyens européens sur le sol britannique et l’avenir de la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Ce n’est qu’à condition d’avoir accompli des « progrès suffisants » dans ces domaines qu’ils accepteront de discuter, dans une seconde phase de négociations, de la relation future avec le Royaume-Uni sur le plan commercial.
Le solde de tout compte que devra verser ce pays pour honorer ses engagements financiers au sein de l’UE est officieusement évalué côté européen entre 60 et 100 milliards €, alors que Londres refuserait de payer plus de 40 milliards selon la presse britannique.
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Le commerce, principale préoccupation de Londres
Michel Barnier s’est dit « préoccupé » par le manque de clarté des positions britanniques. Le Royaume-Uni a fait connaître en août sa position sur quelques sujets. Il souhaite ainsi un accord d’union douanière intérimaire d’environ deux ans avec l’UE après le Brexit, afin de continuer d’en bénéficier tout en négociant ses propres accords commerciaux.
De futurs accords dont les dirigeants britanniques posent déjà les jalons à l’occasion de nombreux déplacements dans des pays tiers.
Par ailleurs, Bruxelles et Londres pourraient, selon divers médias, parvenir de façon rapide à un accord sur la gestion des quotas tarifaires d’importation de produits agricoles ouverts par l’UE à 28. Après sa sortie de l’Union, le Royaume-Uni emporterait avec lui la part de ces contingents qui lui revient sur la base des quantités effectivement commercialisées sur son marché.