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Brexit : report ou scénario catastrophe

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Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a invité le 14 mars le Royaume-Uni à changer sa position s’il veut obtenir une « longue prolongation » pour reporter la date de son divorce avec l’UE prévue le 29 mars. Le Parlement britannique devait se prononcer plus tard dans la journée sur une telle demande de report, après avoir voté la veille pour un amendement excluant tout Brexit sans accord et rejeté l’avant-veille, pour la seconde fois, l’accord de retrait négocié par Theresa May avec Bruxelles. Au cours des consultations pour le sommet européen qui se tiendra les 21 et 22 mars, « je conseillerai aux 27 membres de l’UE d’être prêts à accorder une longue prorogation si le Royaume-Uni accepte de repenser sa stratégie pour le Brexit et parvient à dégager un consensus autour de celle-ci », a annoncé Donald Tusk dans un message publié via son compte twitter.

L’agriculture irlandaise en première ligne

Les errements britanniques sur ce dossier laissent néanmoins planer la menace d’un Brexit sans accord. Un tel cas de figure serait « très préjudiciable aux agriculteurs irlandais et français », et, s’il devait se concrétiser, « nous attendons de la Commission qu’elle respecte ses engagements à soutenir les agriculteurs européens, le plus fermement possible » (1), ont déclaré le président de l’Irish Farmers’Association (IFA), Joe Healy, et la présidente du syndicat français FNSEA, Christiane Lambert à l’issue d’une rencontre le 11 mars à Dublin.

Londres a annoncé le 13 mars que, pour atténuer les conséquences d’un Brexit sans accord, les droits de douane britanniques seraient supprimés temporairement pour 87 % des importations du pays. Mais des taxes frapperaient toutefois les principales exportations irlandaises (bœuf, agneau, porc, volaille et certains produits laitiers) afin de soutenir les producteurs nationaux (2). Ce serait une « catastrophe », a estimé le même jour Joe Healy. « Nos secteurs les plus exposés, en particulier celui du bœuf, ne survivront tout simplement pas au genre de taxes dont il est question », a-t-il affirmé.

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Le bœuf irlandais pourrait perdre 800 millions €, 50 % des exportations du pays dans ce secteur étant destinées au voisin britannique, selon l’IFA.

(1) Voir n° 3679 du 11/02/19

(2) Voir n° 3683 du 11/03/19