Abonné

Brexit : une priorité, préserver les courants d’échanges agricoles

- - 4 min

Les négociations sur le Brexit vont débuter sur fond, déjà, de tensions entre Bruxelles et Londres. Pour les agriculteurs des Vingt-huit, la sauvegarde de l’accès au marché britannique est une préoccupation majeure. Le président du Copa, qui regroupe les organisations professionnelles agricoles de l’UE, juge même essentiel de « conserver un marché unique avec le Royaume-Uni ».

La Commission européenne a présenté le 3 mai ses recommandations pour les pourparlers sur le retrait du Royaume-Uni de l’UE, quatre jours après que les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-sept aient adopté, à l’unanimité, leurs orientations politiques en la matière (1). Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, a prévenu à cette occasion que le Brexit ne se ferait pas « rapidement et sans douleur », alors que Londres et Bruxelles se crispent autour de la facture de sortie. De plus, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a établi un lien entre le démarrage des discussions, prévu en théorie après les élections législatives du 8 juin au Royaume-Uni, et le déblocage par ce pays de sa réserve actuelle sur la révision du cadre financier 2014-2020 de l’Union.

« Conserver un marché unique avec le Royaume-Uni »

Après le Brexit, « il faudra conserver un marché unique avec le Royaume-Uni, il nous faut absolument un marché commun avec le Royaume-Uni », a insisté le 28 avril, devant un groupe de journalistes, Martin Merrild, le président du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE (Copa) dont les membres avaient débattu la veille des inquiétantes répercussions du Brexit pour leur secteur (2). À titre d’exemple, il a cité le cas de l’Irlande dont 37 % des exportations agroalimentaires sont destinés au marché britannique pour une valeur de 4,13 milliards €, avec déjà une baisse de 570 millions € en 2016 du fait de la faiblesse de la livre sterling.

Pour sa part, Phil Hogan, le commissaire européen à l’agriculture, avait averti le 24 avril, lors d’une conférence organisée par l’Irish Farmers' Association (3), que, « pour l’UE, préserver l’intégrité du marché unique est une absolue priorité », ce qui « exclut la participation à tout accord avec le Royaume-Uni basé sur une approche secteur par secteur » après le Brexit. « Il n’y aura pas de deal sur l’agriculture et la poursuite d’un tel résultat est une folie », avait-il affirmé. « C’est exactement pourquoi un accord de libre-échange global, avec une période transitoire sans droits de douane, représente probablement la seule option pour atteindre notre objectif d’accès continu au marché britannique ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

(1), (2) et (3) Voir n° 3593 du 01/05/17

Phil Hogan très actif sur le dossier

L’Irlandais Phil Hogan est très actif sur le dossier du Brexit, son pays étant particulièrement exposé. Le commissaire européen à l’agriculture a ainsi, selon la presse nationale, saisi la triste opportunité de l’hommage rendu le 24 février à Orléans après le décès du président de la FNSEA Xavier Beulin pour se rapprocher du négociateur en chef de l’UE et ancien ministre de l’agriculture Michel Barnier (ainsi, d’ailleurs, que de plusieurs personnalités politiques françaises comme Emmanuel Macron) pour le sensibiliser aux préoccupations de Dublin, et ouvrir à ses compatriotes les portes de la Commission de Bruxelles.

Phil Hogan participera le 11 mai à Wicklow, en Irlande, à une conférence sur le Brexit organisée par le groupe démocrate-chrétien (PPE) du Parlement européen. Une conférence qui accueillera Michel Barnier mais aussi l’ancien premier ministre britannique Tony Blair qui annoncé le 1er mai sa décision de se replonger dans l’arène politique pour lutter contre un « hard Brexit ».