Abonné

Biscottes/Investissement Brioche Pasquier continue d’investir dans la biscotte

- - 4 min

La fermeture annoncée de l’ex-usine de biscottes Sopafi (racheté en 2005) dans le Maine-et-Loire, n’est en aucun cas un signe de ralentissement de l’activité. Au contraire. Brioche Pasquier ferme un site vieillissant pour ouvrir d’ici un an une nouvelle usine de biscottes, à Brissac-Quincé, qui sera dotée de quatre lignes de production et emploiera 150 personnes. Ce nouvel investissement est dans la lignée directe du virage amorcé en 2005, consistant à renforcer le pôle panification sèche, pour contrer la morosité de la viennoiserie. En moins de deux ans, Brioche Pasquier a mis la main sur 3 sociétés spécialisées, Sopafi, Picard avec sa marque Auga et Albatros, et a fait de ce qui n’était à l’origine qu’un produit de diversification, un pôle à part entière de la société, comptant aujourd’hui pour un quart de l’activité.

Le numéro un de la viennoiserie industrielle préfère nettement les biscottes aux croissants. C’est du moins ce que laisse à croire le groupe angevin, qui a entamé depuis deux ans un virage sec en direction des pains grillés, braisés, croûtons et biscottes. Alors que trois des quatre acquisitions des deux dernières années ont été réalisées dans le secteur de la panification sèche, Brioche Pasquier vient d’annoncer qu’il comptait ouvrir une nouvelle usine de production de biscottes près d’Angers, en 2008. Installé à Brissac-Quincé dans le Maine-et-Loire, le nouveau site, qui représente un investissement de 50 millions d’euros, emploiera 150 personnes. Son ouverture devrait coïncider avec la fermeture annoncée d’un autre site du groupe, l’ex-usine Sopafi située aux Ponts-de-Cé, dans le même département, qui devait faire face à une remise aux normes. Une partie des emplois créés devrait donc correspondre au transfert de ceux de l’usine qui fermera ses portes, et emploie aujourd’hui une centaine de personnes. La nouvelle usine devrait démarrer sur 20 000 m2 avec quatre lignes de production de produits panifiés et grillés (biscottes, pains braisés, grillés et suédois), d’une capacité globale de 15 000 tonnes annuelles. Les travaux qui commenceront au début de l’année 2007 devaient permettre une mise en service au premier semestre 2008.

Brioche Pasquier a les yeux gros comme le ventre

Bien que le groupe de Cholet soit le spécialiste de la viennoiserie préemballée qui compte pour la moitié de son chiffre d’affaires (401 millions d’euros en 2005), ce choix d’investissement n’a rien d’étonnant. Pour faire face à la morosité de son cœur de métier, le groupe continue de rééquilibrer ses activités en faveur du seul pôle qui connaît une croissance à deux chiffres (en 2004, l’activité biscotte progressait de 13 % contre 7,7 % pour la pâtisserie et 2 % pour la viennoiserie). La diversification vers la panification sèche a débuté en 2001, lorsque Brioche Pasquier a pris le contrôle du fabricant de biscottes Productos Recondo, qui deviendra Brioche Pasquier Recondo Espagne. Le mouvement s’est largement accéléré ensuite. En 2005, le groupe rachète coup sur coup le numéro deux de la biscotte, la société Sopafi (31 M EUR de CA), leader en RHD, connue avant tout pour ses biscottes L’Angevine, mais aussi Bougard, Choiseul et Les Glaneuses, et la société Picard, également spécialisée dans la panification sèche avec la marque Auga (48,8 M EUR de CA). L’année suivante, en septembre 2006, Brioche Pasquier apporte de nouvelles spécialités à son pôle « biscottes et pain braisés », en s’offrant le leader européen du croûton et du mini-toast, Albatros (19 M EUR).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Le spécialiste de la viennoiserie s’est imposé sur le petit-déjeuner

Et la saga ne semble pas devoir s’arrêter là. Désormais, le pôle panification sèche pèserait un quart du chiffre d’affaires, quelque 100 millions d’euros, et Brioche Pasquier aurait acquis la seconde place de ce marché au niveau européen, derrière le leader incontesté Heudebert (Lu), en parvenant à se positionner sur le premier repas de la journée, moment clé de la consommation en Europe. Mais qui dit que Brioche Pasquier a satisfait son appétit ? Bien que le gourmand du petit-déjeuner dit avoir besoin d’une pause pour digérer ses dernières bouchées, sa voracité semble faire partie intégrante de son identité.