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DÉFAILLANCE/FRUITS Brisson, une liquidation sans surprise

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Engluée dans les difficultés depuis plusieurs années, l'entreprise Brisson, spécialiste du pruneau bio, a été mise en liquidation jeudi 30 janvier à Libourne (33).

LA liquidation de la société Brisson, de Pineuilh en Gironde, prononcée jeudi 30 janvier par le tribunal de commerce de Libourne n'aura surpris personne dans la filière pruneau d'Agen. Il y avait déjà plusieurs années que le numéro un français du pruneau bio, qui commercialisait au total 6 000 tonnes de produits bio et conventionnel, se débattait dans les problèmes. C'est d'ailleurs Franck Brisson, le p.d.g. de cette entreprise familiale créée dans les années 1950 qui avait demandé la mise en redressement de son entreprise en août 2012. L'échec du projet de reprise dont le montage avait été tenté par le bureau de consultants SOFRED a précipité la chute de l'entreprise. « 70 salariés en CDI sont concernés par les licenciements et le plan social qu'il va falloir négocier, nous avons dix-huit jours », explique une des représentantes du personnel. Les créances laissées aux producteurs sont estimées par ceux-ci, parmi le million d'euros de dettes globales de l'entreprise, entre 600 000 et 700 000 euros, répartis chez les producteurs de trois organisations, trois associations du Lot-et-Garonne.

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1220 HECTARES DE VERGERS BIO

« Ce sont des créances qui remontent à la récolte 2011, et un peu 2010 », précise Gérard Delcoustal, président d'une des associations concernées, le SYPRUSI. « Les récoltes suivantes ont été réglées normalement. » Reste l'outil de production, l'usine et 200 hectares de vergers. Les salariés espèrent une reprise globale de l'usine et des vergers associés, notamment 120 hectares de jeunes vergers de prune d'ente conduits en bio. Dans la filière, on croit assez peu à une reprise de l'installation, principalement en raison du suréquipement du secteur. « Il est probable que les vergers seront par contre revendus et assez facilement pour ceux conduits en conventionnel », estime Gérard Delcoustal. Quant aux raisons de cette situation, les membres de la filière interrogés à ce sujet avancent plusieurs pistes, depuis la guerre sans merci sur les prix menées entre les opérateurs ces quatre dernières années, une gestion peut-être insuffisamment rigoureuse, une impasse réglementaire avec la mise aux normes jamais effectuée de la station d'épuration de l'usine… Il ne nous a pas été possible de joindre Franck Brisson au téléphone. C'est le deuxième événement d'importance de ces derniers mois dans la restructuration de la filière avec le rachat de Prunidor à Bergerac par le lot-et-garonnais Roucadil.