La distribution accède à peine à la publicité télévisée que l’industrie alimentaire, elle, va voir ses messages passablement brouillés. Certes elle a eu le temps de s’y préparer depuis l’adoption de la loi de santé publique en… août 2004. Et le décret concernant les publicités des produits alimentaires manufacturés et des boissons avec ajout de sucre, de sel ou d’édulcorants se fait attendre. Or, il oblige soit à insérer des messages nutritionnels-types soit à payer une taxe. Xavier Bertrand, qui l’a signé la semaine passée, n’en promet la publication que dans le courant de février. Ensuite les industriels auront deux mois après la parution au Journal Officiel pour obtempérer.

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Beaucoup y sont prêts et ils suivront sans doute le mot d’ordre donné par l’Ania à ses membres d’opter pour l’ajout de messages sanitaires dans leurs publicités « plutôt que de payer une taxe pour financer le déficit de la Sécurité Sociale », selon la formule du président Buisson. Et pourtant, ce qui a été retenu quant au contenu, à la forme et à la taille de ces bandeaux et du renvoi au site www.mangerbouger.fr ne fait guère rêver. On se lassera vite des quatre messages prévus : « Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour », « Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière », « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé », « Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas ». Il faudra donc pas mal de talent aux agences de publicité pour que leurs slogans n’aient pas trop l’air décalé. Aux industriels qui n’arriveraient pas à s’y résoudre, il restera toujours la solution de payer la taxe de 1,5% de leur budget pub au profit de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. Mais l’INPES n’en tirera au mieux qu’entre 1 à 2 millions d’euros sur la première année d’application.