Le monde change très très vite, pourtant les outils spécifiques de la politique sectorielle en faveur des industries alimentaires restent à peu près en l’état, et préservés sans doute malgré les restrictions budgétaires, avec juste quelques correctifs à la marge à compter de 2009, si l’on en croit les réflexions menées dans la foulée du PNDIAA et lors de la clôture, récemment, des Assises de l’agriculture. En revanche, le ministre de l’Agriculture affirme vouloir distraire au profit des IAA un maximum de la manne publique qui va être distribuée par d’autres circuits que les siens pour compenser la crise financière. Le phénomène n’est pas si nouveau : les industriels ou du moins les PME agroalimentaires émargent parfois aux budgets d’aides régionales, aux fonds européens et aux guichets d’Oséo aussi bien pour l’aide à l’innovation que pour les garanties spécifiques de l’ancienne BDPME. Mais demain, les 22 milliards de garanties de financement annoncés par Hervé Novelli n’ont pas de raison d’échapper au premier secteur industriel français, le président Buisson est bien décidé à y veiller, ce pour quoi il vient de créer une cellule de crise à l’ANIA. Autre ambition, partagée d’ailleurs par « son » ministre, Michel Barnier, c’est d’orienter les opérations que pourra faire le futur « Fonds d’investissement stratégique français » voulu par le chef de l’Etat vers le secteur agroalimentaire… et pas seulement vers l’environnement ou le numérique comme évoqué par Nicolas Sarkozy à Annecy. Ce n’est donc pas du luxe si, dans une conjoncture particulièrement cruelle, l’industrie alimentaire a été le sujet d’une communication de Michel Barnier au conseil des ministres cette semaine. Un « brouillon », en quelque sorte qui prélude à quelques décisions plus précises promises pour un autre conseil des ministres en décembre.
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