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Sécheresse Bruno le Maire autorise la fauche des jachères

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Bruno le Maire a annoncé, dans la Vienne le 11 mai, la mise en place de mesures d'urgence pour que les éleveurs puissent faire face à la sécheresse qui les touche. Le ministre de l'Agriculture a décidé d'autoriser la fauche des jachères et des bandes enherbées pour y récolter des fourrages. Une décision nécessaire mais insuffisante répondent les professionnels qui attendent que le ministre leur permette de mieux irriguer leurs cultures. Bruno le Maire a également appelé les céréaliers à ne pas broyer leur paille.

«Il faut supprimer toute contrainte aux éleveurs pour qu'ils puissent faucher leurs jachères et bandes enherbées » pour faire face à la sècheresse, a indiqué Bruno le Maire lors d'un déplacement dans une exploitation de la Vienne. « Je vais en envoyer dès aujourd'hui l'instruction aux préfets », a précisé le ministre de l'Agriculture. La fauche est normalement interdite, par arrêté préfectoral entre le 1er mai et le 15 juillet. Bruno Le Maire accède ainsi à la demande formulée par la FNSEA. « La priorité absolue : c'est que les bêtes aient à manger », a justifié le ministre qui juge que la situation pour l'élevage est déjà très préoccupante. La situation de l'exploitation de Michel Caillé (polyculture élevage dont 180 bœufs charolais) qu'a visité le ministre, en témoigne : forte chaleur, herbe jaunie, chemins poussiéreux. En plus de cette sécheresse, le prix de l'alimentation animale a bondi de 30% à 40% ces derniers mois. « C'est la double peine pour les éleveurs », a lancé Bruno le Maire.

3 à 4 semaines de répit
« Les annonces que vous nous faîtes aujourd'hui sont essentielles mais pas suffisantes », a indiqué au ministre Dominique Marchand, président de la FDSEA de la Vienne, à l'occasion d'une table ronde organisée avec les responsables agricoles locaux (FDSEA, Confédération paysanne, Coordination rurale, chambre d'agriculture). En effet si la sécheresse perdure, la mesure annoncée permettra aux éleveurs de tenir 3 à 4 semaines de plus - la surface moyenne de jachère en France est d'environ 500 000 ha. Autre levier : la mobilisation de la paille produite par les céréaliers. Le ministre appelle à la « solidarité du monde paysan ». Céréaliers et éleveurs seront réunis dans les prochains jours pour trouver des solutions, notamment éviter la spéculation sur la paille et limiter leur broyage. « Une priorité sera accordée aux jeunes agriculteurs, a précisé le ministre. Je ne veux pas que des jeunes qui viennent de s'installer soient obligés de vendre une partie de leurs animaux pour acheter de la paille ». Mais ce n'est pas avec de la paille (peu calorifique) que les éleveurs vont sauver leur production. « La paille ça entretient nos troupeaux, mais ça ne permet pas de produire, il nous faut des fourrages et des céréales pour ça », a souligné le représentant de la Confédération paysanne, Raymond Demiot.

L'irrigation au cœur des enjeux
Bruno le Maire compte également sur la mise en place du contrat interfilière - prévue pour le 1er juillet - pour stabiliser le prix de l'aliment pour les éleveurs. Les producteurs de céréales qui s'engageraient contractuellement à vendre leurs grains à des éleveurs pourraient échapper aux interdictions d'irriguer, a proposé Dominique Marchand. « Il faut que l'on regarde si nous pouvons trouver un système incitatif de cet ordre », a répondu le ministre qui a par ailleurs souligné qu'il n'était pas favorable à la restriction complète de l'irrigation des cultures. « Aujourd'hui les agriculteurs sont malades. On a un médicament, c'est l'irrigation. Nous ne demandons pas à prendre toute la boîte. Une restriction à 50% de l'utilisation d'eau, nous pouvons l'accepter mais la coupure totale c'est trop dur », a expliqué Laurent Lambert, agriculteur de l'association des irrigants de la Vienne.
A cette situation compliquée, s'ajoute l'arrivée prochaine des échéances des plan Barnier (2008) et Sarkozy (2009). « Nous allons regarder au cas par cas les dossiers des éleveurs qui ont les plus grosses difficultés de trésorerie pour repousser les échéances », a indiqué le Bruno le Maire, « mais je ne suis pas en mesure de vous annoncer une année blanche, c'est financièrement trop couteux ». Pourtant si le manque d'eau perdure, il faudra trouver d'autres solutions. Et le ministère de l'Environnement qui réunit lundi 16 mai un comité sécheresse pourrait s'inviter dans le débat.

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