La Confédération paysanne s’est fendue le 2 février d’un communiqué de presse dans lequel elle accuse Bruno Le Maire d’organiser « la coexistence la plus laxiste » d’Europe et d’avoir « choisi son camp, celui de la contamination par les OGM ». Guy Kastler, membre du syndicat, estime en effet que la ligne du gouvernement est « incohérente ». « Les arguments que veut utiliser le ministre sont en accord avec nos convictions, mais sont juridiquement faibles », avance-t-il, en référence à la clause de sauvegarde censée interdire la culture du Mon810 en France. « Il y a pourtant d’autres éléments qui pourraient peser, mais le ministre a choisi de les ignorer », avance Guy Kastler. C’est notamment du côté des apiculteurs que le gouvernement français pourrait chercher des arguments juridiques suffisants pour convaincre la commission européenne. « Monsanto n’ayant pas demandé d’autorisation pour l’alimentation humaine du Mon 810, la contamination pour les apiculteurs représente un vrai risque », assure le représentant de la Confédération paysanne. Du côté de la Coordination rurale, le « double langage » de Bruno Le Maire est tout aussi peu apprécié. « Nous avons été surpris par le gag de l’étiquetage qui ne clarifiera rien pour le consommateur. Ce n’est qu’un premier entrebâillement en France pour la culture des OGM », dénonce François Lucas, vice-président de la Coordination rurale. « En instituant des textes pour déterminer les règles de coexistences, le ministère rend les armes et joue à Ponce Pilate en se dégageant de toutes responsabilités », analyse-t-il.
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