Abonné
Longuement attendu sur la question, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a expliqué aux congressistes de la FNSEA ce qu’il entendait par la régulation pour laquelle il plaide au niveau européen. « Il s’agit de mécanismes d’intervention dans toutes les filières », expliquait-il. Des achats publics faits pour prévenir une crise plutôt que pour y mettre fin. « Je ne vois pas pourquoi on a tardé 4 mois avant de déclencher ces outils dans le secteur du lait » remarquait-il, plaidant pour des outils « plus flexibles et plus rapides ». Mais, en même temps, il faut des outils de transparence des filières et d’observation des volumes et des prix « afin d’éviter les erreurs du passé. » Autrement dit, d’éviter la constitution de stocks excessifs qui ont contribué à coûter cher et à remettre en cause l’intervention publique. C’est ainsi, selon le ministre, qu’on pourra « corriger le comportement erratique des marchés ». Au-delà, « il est évident que dans le cadre du G20 que la France présidera en 2011, nous devons réfléchir à la question plus large de la régulation des cours des matières premières. » Ceci implique aussi qu’en matière de négociation à l’OMC, « nous ne pouvons pas aller au-delà de ce que nous avons négocié à l’OMC. » Deuxième élément de la Pac selon le ministre, un niveau cohérent d’aides directes. Selon lui, « les aides directes, c’est tout simplement la compensation du surcoût entraîné par les normes environnementales, sanitaires et sociales ». Enfin, la troisième orientation de la Pac porte sur « le maintien d’exploitations agricoles jusque dans les zones les plus difficiles de notre territoire ». Il a notamment indiqué « ne pas être satisfait » de la révision de la délimitation des zones défavorisées engagée par la Commission européenne.
C’est sur cette question européenne, fruit d’un intense travail diplomatique, que le ministre a semblé meurtri par les reproches de la FNSEA quant au manque de résultat. Selon Bruno Le Maire, ces idées avancent très nettement chez les membres de l’Union européenne. Plus concrètement, il estime qu’un premier résultat a été la mobilisation des outils d’intervention pour faire redresser les cours des produits laitiers. Autrement, pense-t-il, les prix auraient sans doute été inférieurs début 2010 à ceux de 2009.
« Le vrai combat est européen », insiste-t-il.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre
Suivi
Suivre