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Viandes bovines Bruno Le Maire déterminé à faire naître le GIE export

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Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire va prochainement réunir les membres de la filière bovine afin de lancer le GIE export qui a fait l’objet de tant de débats. Contestant les réticences des grandes coopératives et des entreprises réunies au sein du SNIV-SNCP, le ministre considère qu’une meilleure organisation de l’exportation est vitale pour la filière et passe par ce GIE.

«Sur l’élevage je commence à trouver que la coupe est pleine », a lancé Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture s’adressant à quelques journalistes le 22 septembre. Bruno Le Maire se dit déterminé à mettre le GIE export viande bovine sur les fonts baptismaux d’ici la fin de l’année et s’apprête à réunir les membres de la filière à cette fin. Récusant les réticences de Jean-Paul Bigard et de coopératives, il estime qu’aujourd’hui la relance de l’exportation est vitale pour la filière et les éleveurs. « J’ai ouvert des marchés, notamment en Russie, clame-t-il. Et si nous ne prenons pas rapidement position ce sont les Brésiliens qui le feront ». Plus généralement, « si on nous prend ces marchés d’exportation c’est la mort de l’élevage français », estime-t-il.

« Il n’y aura pas d’année blanche »

Et de regretter que des syndicalistes, plutôt que de se battre pour le GIE export, se battent pour obtenir une année blanche pour les éleveurs en matière de remboursement des prêts. « Il n’y aura pas d’année blanche, insiste le ministre. Cela coûterait 500 millions d’euros et je ne les ai pas. D’ailleurs, les Français ne comprendraient pas qu’en cette période de resserrement budgétaire, on affecte 500 millions à cette aide. » La filière bovine doit elle-même faire des efforts d’organisation « comme d’autres l’ont fait ».
Trois objectifs doivent être fixés : reconquérir des parts de marché à l’étranger ; relocaliser la production ; obtenir le principe de la réciprocité des conditions de production dans le commerce international.

La GD doit respecter sa signature

Le ministre a également reproché aux grandes surfaces de distribution de ne pas appliquer l’accord du 3 mai visant à faciliter la répercussion des coûts de production. Là encore, il annonce vouloir les recevoir afin d’obtenir qu’ils respectent leur signature. « A partir du moment où ils ont signé cet accord, ils doivent le respecter », dit-il. Sur tous les secteurs de l’élevage, Bruno Le Maire se veut un ardent défenseur de l’organisation et des relations contractuelles. Selon lui, l’idée de la contractualisation avance correctement dans la production laitière. Il note que les syndicats minoritaires en ont accepté le principe, présentant un projet de contrat « qui contient des choses intéressantes » même si l’idée de fixer les prix en fonction des coûts de production lui semble inacceptable par l’Union européenne.

« Je ne suis pas un libéral »

Sur tous ces points et bien d’autres, Bruno Le Maire a vivement récusé le fait qu’on puisse le considérer comme un « libéral ». « Je ne suis pas un libéral, je ne l’ai jamais été », clame le ministre qui a préparé le projet de programme politique de l’UMP pour 2012. Il récuse deux dogmes qui ont pu inspirer une partie de l’Europe : le dogme de la libre concurrence absolue et celui du libre échange, qui ne correspondent plus aux réalités d’aujourd’hui. En revanche, le tout Etat n’est pas non plus un modèle pour Bruno Le Maire. « C’est parce que je crois en l’Etat que je crois qu’il ne doit pas se mêler de tout », explique-t-il. Une vérité qu’il estime devoir appliquer notamment à l’agriculture.

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