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Politique Bruno Le Maire : « Il faut tenir le cap d’une agriculture durable »

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« Tout le Grenelle, rien que le Grenelle ! » : telle est la ligne directrice du ministre de l’Agriculture. Il a pris trois engagements « très simples et de bon sens » avec en arrière-plan l’objectif de compétitivité des agriculteurs, lors de ses vœux à la presse le 25 janvier. Il s’agit de ne pas rajouter de nouvelles obligations au Grenelle, d’harmoniser les règles au niveau européen, et faire preuve de pragmatisme dans l’application des mesures sur le terrain. Il a par ailleurs réaffirmé son soutien à l’agriculture biologique.

«Il n’y a pas d’ambiguïté (...), il faut tenir le cap d’une agriculture durable », a déclaré Bruno Le Maire, lors de ses vœux à la presse le 25 janvier. « Ce n’est pas un sujet technique qui appartient aux paysans. Il appartient à chacun d’entre nous », a-t-il dit. Celui qui s’est présenté comme « un homme doux mais pas rêveur » a pris trois engagements « très simples et de bon sens ». « Le premier engagement est que je veillerai à ce qu’on ne rajoute pas des obligations nouvelles par rapport à celles qui ont été fixées dans le Grenelle de l’environnement », a-t-il expliqué. « Tout le Grenelle, rien que le Grenelle », a résumé le ministre.
Deuxième engagement : « Je veillerai à l’harmonisation européenne des règles environnementales », a-t-il promis. « C’est un enjeu majeur pour nos agriculteurs. Et l’objectif, c’est que nous ayons les mêmes règles environnementales, que l’on soit exploitant en Bretagne, en Picardie (...) ou exploitant en Italie ou en Andalousie, sans quoi, il n’y a pas de compétitivité possible ». Enfin, troisième engagement : « Je veillerai aussi à ce qu’on fasse preuve d’un peu de pragmatisme et d’un peu moins de dogmatisme dans l’application des règles sur le terrain », explique Bruno Le Maire. « Il y a des difficultés qui ne se règlent pas à coup de décrets ou d’arrêtés mais simplement par une discussion intelligente entre les services de l’Etat et les exploitants », souligne-t-il.

Sa femme : une « fan de bio »
Dans la logique de cette thématique de l’agriculture durable, le ministre a indiqué qu’il continuera à soutenir l’agriculture biologique. « Je dois dire que j’ai été un petit peu surpris par la polémique que j’ai vue dans la presse », a avoué le ministre. A la question « Est-ce que le ministre soutient encore l’agriculture biologique ou pas ? » Il répond : « Si jamais je ne le faisais pas, ma femme me rappellerait à mes devoirs. C’est une grande fan de l’agriculture biologique... ». Plus sérieusement, Bruno Le Maire s’est engagé à « maintenir exactement les mêmes aides. Et s’il y a un petit trou dans nos aides, qui concerne très spécifiquement les petites exploitations de maraîchage on trouvera aussi une solution pour elles ». Il va y travailler avec sa collègue ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet pour aboutir à des décisions prochaines.
Il entend également, avec sa collègue ministre, « débloquer la méthanisation en France ». « Nous n’avons pas vocation à laisser voir s’édifier en Allemagne des milliers d’installations de méthanisation – il y en a plus de 4 000 aujourd’hui – qui représentent un revenu direct pour les agriculteurs, tandis que nous, nous continuerions à avoir à peine une dizaine d’installations de méthanisation en cours de route, dans notre pays », a-t-il souligné. L’objectif est d’augmenter les tarifs de rachat du biogaz.

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