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États généraux du sanitaire Bruno le Maire mise sur la prévention des crises sanitaires

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Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a lancé mardi 19 janvier les Etats généraux du sanitaire. À l’issue de trois mois de débats, des propositions lui seront faites sur la base des rapports des quatre groupes de travail.

Anticipation, tel va être le fil directeur des Etats généraux du sanitaire, lancés le 19 janvier par Bruno Le Maire. Annoncé pour la première fois lors du déplacement du ministre de l’Agriculture au Sommet de l’élevage le 7 octobre dernier, ce rendez-vous devrait permettre une mise au point des priorités des dix prochaines années. L’objectif étant de permettre un échange entre les acteurs concernés, d’accélérer les investissements dans la prévention des crises sanitaires afin de renforcer la sécurité des consommateurs, et d’organiser une gouvernance rénovée.

Priorité n°1 : être prêt face à une éventuelle crise sanitaire
« Comment orienter la recherche ? Sommes-nous prêts si apparaît demain une nouvelle maladie exotique ? Comment organiser une riposte sanitaire rapide et proportionnée ? », autant de questions posées par Bruno Le Maire pour amorcer les débats qui vont avoir lieu entre vétérinaires, agriculteurs, scientifiques, services de l’Etat, instituts techniques et établissements d’enseignement. « Plutôt que de financer les pertes, nous devons investir dans la prévention et moderniser notre organisation sanitaire », a déclaré le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Rester l’un des dispositifs sanitaires les plus performants
« Notre dispositif actuel est reconnu au niveau international. Il est l’un des plus performants au monde, explique Pascale Briand, directrice générale de l’alimentation. Il faut rester le meilleur et penser l’évolution de ce système. Il faut prendre en compte l’augmentation des échanges et leur rapidité mais aussi l’émergence de nouvelles maladies liées au réchauffement climatique. Il faut adapter notre organisation pour rester au plus haut niveau. » Un défi ambitieux pour lequel l’Etat a déjà commencé à investir 2 milliards d’euros depuis l’année 2000. Bruno Le Maire souhaite persévérer dans cette voie et « créer les réseaux d’épidémio-surveillance, assurer la formation et l’accompagnement de tous les acteurs, disposer des meilleurs outils de gestion de l’information sanitaire, et développer les bons outils de financement et de couverture des risques sanitaires via des fonds de mutualisation et le développement de l’assurance. » En ce qui concerne le mode de gouvernance, le ministre a plaidé en faveur du modèle européen « fondé sur le suivi de la qualité sanitaire tout au long de la chaîne de production dans la logique du paquet hygiène », lui opposant le modèle américain, et son poulet chloré.

Vers un plan d’action concret
Les débats se dérouleront au sein de quatre groupes de travail : un sur la gouvernance en santé animale, un autre sur les moyens de surveillance dans le domaine de la santé animale, un troisième sur le domaine phytosanitaire et enfin un quatrième groupe sur le financement et la mutualisation. « Les groupes ne se dérouleront pas en parallèle. Ce sera très souple et ouvert. Chacun pourra apporter sa contribution dans un groupe comme dans l’autre », explique Pascale Briand. Le bilan de ces échanges aura lieu à la fin du mois d’avril 2010. Date à laquelle les présidents des quatre groupes de travail devront rendre un rapport de synthèse par groupe ainsi qu’un rapport général. Ceci afin de mettre au point « une vision stratégique nationale », selon les mots du ministre. Bruno Le Maire entend ainsi « assurer le développement économique de notre agriculture, préparer la Pac d’après 2013 et l’évolution des politiques communautaires de santé animale et de santé végétale. » Et souhaite voir ces Etats généraux déboucher sur « un plan d’action concret », précisant que « les dispositions législatives seront prises par une ordonnance dans un délai d’un an après la publication de la LMAP (Loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche) ».

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