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UE/PAC post-2013 Bruno Le Maire « presque totalement satisfait » des propositions du commissaire Ciolos

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La communication de la Commission européenne sur l’avenir de la PAC au-delà de 2013 reprend en grande partie les lignes de la position franco-allemande sur l’avenir de la PAC et je m’en réjouis car c’est une proposition équilibrée, susceptible de rallier une très grande majorité d’Etats membres ainsi que la Commission européenne. C’est un Bruno Le Maire plutôt satisfait qui s’est présenté devant ses pairs le 29 novembre à Bruxelles à l’occasion de la tenue d’un Conseil des ministres de l’agriculture pour débattre, entre autres, des récentes propositions de Bruxelles sur la future PAC.

« C’est un bon point de départ, je partage totalement le souhait du commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, de rendre la Pac à la fois plus légitime, plus simple pour les agriculteurs et plus conforme aux attentes des citoyens européens ». Visiblement comblé, notre ministre de l’agriculture ne trouvait pas les mots pour exprimer sa satisfaction devant le Conseil agricole du 29 novembre à Bruxelles de voir que « dans plusieurs propositions de Dacian Ciolos » il reconnaît facilement « une fois encore les idées du couple franco-allemand et les vues que la France défend sur la Pac ». Lors d’un point de presse, Bruno Le Maire s’est réjoui de lire dans la communication de Bruxelles sur l’avenir de la PAC qu’il est important de maintenir pour la Pac des ressources financières ambitieuses. « A partir du moment où l’on considère que la Pac est stratégique il faut qu’elle puisse disposer de ressources financières suffisantes », a indiqué le ministre français. Celui-ci se félicite aussi que Dacian Ciolos ait écarté l’idée d’une aide unique à l’hectare « qui était une idée qui franchement ne tenait pas la route », même si le ministre convient qu’il faut rééquilibrer les aides directes. Et de rappeler que la France a été « le premier des grands Etats membres à indiquer qu’elle était prête à revenir sur les références historiques ». Mais, avertit notre ministre, « cela ne veut pas nécessairement dire qu’un euro accordé à un agriculteur en Tchéquie ou en Pologne vaut la même chose qu’un euro d’aide pour un agriculteur en Espagne ou France ». Troisième point important de cette communication qui satisfait Bruno Le Maire: la régulation des marchés. « Je me réjouis que pour la première fois dans des propositions officielles de la Commission européenne on dise clairement que la régulation des marchés est quelque chose de nécessaire ». Le ministre s’est appliqué à rappeler que lorsqu’il parlait de régulation des marchés il y a encore un peu plus d’un an « on (l’ex-commissaire Marianne Fischer-Boel et les Etats membres réputés libéraux comme le Royaume-Uni ou la Suède, ndlr) le prenait pour le dernier des lurons et on le regardait avec des yeux écarquillés ». Aujourd’hui, dit-il, « c’est la position officielle de la Commission. Il faut donc mesurer le chemin qui a été parcouru... ». Est-ce que pour autant le compte y est sur la régulation des marchés ? Notre ministre ne le croit pas et il estime que l’on peut faire mieux et qu’on peut aller encore plus loin. « Nous avons fait des suggestions et nous attendons avec beaucoup d’intérêt les propositions qui seront faites sur le paquet lait », car, souligne Bruno Le Maire, « ce n’est que là-dessus que nous pourrons juger réellement de ce qui est proposé en matière de régulation ». Les propositions de Dacian Ciolos sur le « paquet lait » sont attendues pour le 8 décembre 2010.

Le verdissement de la Pac
Quant aux propositions de la Commission sur le « verdissement » de la Pac, Bruno Le Maire se dit tout à fait « très ouvert » à cette idée. « C’est une façon de donner plus de légitimité aux aides de la Pac, cela correspond aux attentes de nos concitoyens, cela répond aussi aux intérêts économiques des agriculteurs et enfin c’est ce qui permet de singulariser l’agriculture européenne par rapport à toutes les autres agricultures du monde ». Il y met toutefois une double condition : d’abord que tous ces efforts de verdissement de la Pac se fassent « en étroite collaboration avec les agriculteurs », car « cela doit être pour eux une reconnaissance et pas une contrainte ». Ensuite que ce verdissement « ne se traduise pas par plus d’administration, plus de complexité et plus de paperasse. Le verdissement de la Pac doit aller de pair avec simplification de la Pac », dixit le ministre.

Des aides conséquentes cantonnées dans le 1er pilier
Concernant la répartition des aides entre les deux piliers retenus par Bruxelles, le ministre de l’agriculture français souhaite que les aides consacrées au 1er pilier « restent importantes et permettent aux agriculteurs de répondre aux défis que nous leur avons posés » (assurer l’alimentation de 500 millions de citoyens européens dans une période où nous ne savons pas comment on va faire pour nourrir les habitants de la planète dans 15 ou 20 prochaines années). « Au-delà de l’enjeu stratégique de l’agriculture il y a aussi un choix de société, souligne Bruno Le Maire. Le modèle agricole européen est unique au monde et il est important de le préserver. Dans aucun autre continent vous n’avez des règles sanitaires, environnementales et des normes de bien-être animal aussi rigoureuses que celles qui existent en Europe ». Et aux yeux de notre ministre « toutes ces contraintes ont un coût qu’il faut être prêt à assumer. Ce coût se retrouve naturellement dans les aides du premier pilier et c’est pour cela que je souhaite que ces aides restent suffisantes pour répondre à ces dépenses supplémentaires », ajoute-t-il.

Modèle agricole unique européen versus Accords de libre échange
Quand on lui fait remarquer s’il ne voit pas une quelconque contradiction entre ce « modèle agricole unique au monde » et cette frénésie de cette même Union européenne à négocier à travers le monde des accords de libre échange, le ministre reconnaît qu’il s’agit là « d’une question absolument cruciale ». Mieux : il n’hésite pas à dire que « c’est l’avenir de tous les agriculteurs français et européens qui est en jeu dans ces négociations d’accords de libre échange ». Selon lui, « on ne peut pas demander aux agriculteurs européens de respecter les règles sanitaires environnementales, de bien-être animal très strictes et en même temps conclure des accords de libre échange qui permettraient d’importer massivement des produits agricoles élaborés sans respecter les mêmes règles. Nous voulons un principe de stricte réciprocité ». Concernant les négociations au niveau de l’OMC, Bruno Le Maire a affirmé devant la presse que la France et les autres Etats membres sont allés « à l’extrême limite » des concessions qu’ils sont prêts à faire en matière agricole. « Nous n’irons pas un millimètre plus loin. Aller un millimètre plus loin c’est mettre en danger un certain nombre d’exploitations en France et dans un certain nombre d’autres Etats européens », avertit le ministre de l’agriculture.

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