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Lait Bruno Le Maire veut des contrats « au 1er janvier 2011 » et « pas au delà »

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La contractualisation dans la filière laitière doit devenir effective au « 1er janvier 2011 et pas un jour de plus » a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, lors de la remise du grand prix de l’Afja, le 19 octobre. « Ma marge de négociation est nulle : je n’attendrai pas au delà du 1er janvier 2011. Les responsables laitiers le savent », a-t-il ajouté. « Ma responsabilité est de protéger les producteurs. La meilleure garantie, c’est le contrat ». « Il faut avancer vite, notamment dans le regroupement des producteurs », a-t-il affirmé.

Bruno Le Maire, cité parmi d’autres jeunes ministres pour succéder à François Fillon lors du remaniement programmé, n’a pas quitté ses habits de ministre de l’Agriculture pour autant. Celui qui avait accueilli mollement en juin 2009 sa nomination à ce poste, a réaffirmé son « engagement pour maintenant et pour plus tard » au sein de ce ministère, lors de la remise du grand prix de l’Afja le 19 octobre. Mieux, les affaires agricoles, « cela me passionne. C’est une mission enthousiasmante », a-t-il ajouté. Il a affirmé avoir « envie de finir le travail ». Pour preuve, le principe de la contractualisation qui a été voté dans la loi de modernisation agricole en juillet dernier doit gagner en concret, et vite.
La contractualisation dans la filière laitière doit devenir effective au « 1er janvier 2011 et pas un jour de plus », a déclaré Bruno Le Maire. « Ma marge de négociation est nulle : je n’attendrai pas au-delà du 1er janvier 2011. Les responsables laitiers le savent », a-t-il ajouté. Quant au contenu des contrats, le ministre ne prend pas encore position. Quel prix de référence, quelle variation du prix par rapport à la situation des marchés, s’agit-il d’un prix unique ou pas ? A ces questions, Bruno Le Maire répond : « Je ne sais pas ». Ce qu’il sait en revanche est qu’il souhaite des contrats pour le 1er janvier 2011. Au plus tard, « avant la prochaine campagne laitière », concède-t-il.

Jouer le jeu
« Si ces contrats ne sont pas mis en œuvre et si le prix du lait s’effondre, les producteurs prendront à nouveau de plein fouet une nouvelle crise, a-t-il expliqué, car les industriels diront : “désolé on ne joue plus !” ». En clair, les industriels feront le prix qu’ils veulent et refuseront de « jouer le jeu » comme ils l’ont fait en 2009, a expliqué le ministre. « Je n’écoute plus les gens qui me disent “le prix du lait restera élevé ou non”. Personne n’en sait rien, a-t-il souligné. Ma responsabilité est de protéger les producteurs. La meilleure garantie, c’est le contrat ». « Il faut avancer vite notamment dans le regroupement des producteurs », a noté Bruno Le Maire. L’enjeu est bien de leur permettre de peser face aux industriels : les producteurs doivent se rassembler. Au chapitre de l’éternel sujet d’une répartition équitable des marges dans les filières, le ministre ne mâche pas ses mots même s’il précise que ce défi « est très compliqué ». « Si on continue comme cela, on va tuer tous les producteurs ». « Je suis toujours surpris, a-t-il ajouté, que lorsque le prix du lait diminue de 20 à 30 %, le prix de la crème, produit peu transformé ne baisse que de 1,5 %. Il y a deux perdants : les producteurs et les consommateurs » A ce titre, « tout le monde doit jouer le jeu », dont la grande distribution. « Tous les distributeurs le disent : ce qui part dans les rayons, ce sont les produits pas chers », explique le ministre, convaincu qu’il faut mieux répartir la valeur ajoutée et « en redonner aux producteurs ». Ce qui est loin d’être simple. « La bonne alimentation a un prix, ne faisons pas croire aux Français que c’est gratuit ! », a-t-il conclu.

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