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G20 Bruxelles annonce des propositions pour des marchés plus transparents

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La France a confirmé lors du Conseil agricole de l’UE, le 17 mai, son intention de faire adopter par le G20, dont elle assure la présidence, un « plan d’action » pour tenter de limiter la volatilité des prix des matières premières agricoles. Dans ce contexte, la Commission européenne compte soumettre des « propositions spécifiques » concernant notamment la création d’un système d’information sur les marchés physiques et un mécanisme de « première alerte ».

Dans une note transmise à ses partenaires au sein du Conseil agricole de l’UE, la France rappelle que, en tant que présidente du G20 jusqu’en novembre prochain, elle « propose de traiter de manière spécifique la question de la volatilité des prix pour les matières premières agricoles » et organisera sur ce thème une réunion ministérielle les 22 et 23 juin à Paris.
« Afin d’alimenter le débat », plusieurs organisations internationales (FAO, OCDE, Banque Mondiale, OMC, FMI, Cnuced, Fida, Pam) ont présenté un pré-rapport en mars dernier (1), la version définitive étant attendue pour juin.
Les représentants « agricoles » des pays membres du G20 se sont déjà réunis le 21 janvier, les 23 et 24 mars et les 11 et 12 mai, dans le but « d’aboutir à la rédaction d’un premier document préparatoire » pour les ministres.

Un « plan d’action » avalisé au sommet

« L’objectif est de proposer un plan d’action, qui couvrira l’ensemble des points soulevés dans le rapport des organisations internationales et sera endossé » par le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G20 prévu les 3 et 4 novembre 2011 à Cannes », précise la note française.
Celle-ci rappelle également que quatre « axes de réflexion » ont été « identifiés » :
– « améliorer l’information et la transparence sur les marchés dans l’intérêt des gouvernements et des opérateurs économiques ;
– améliorer la coordination internationale en vue de renforcer la confiance dans les marchés internationaux et afin de prévenir et gérer les crises alimentaires de manière plus efficace ;
– développer la production agricole dans le long terme de manière à satisfaire la demande croissante ;
– développer des outils de gestion des risques pour les plus vulnérables afin de faire face à la volatilité excessive des prix alimentaires ».

Un mécanisme de « première alerte »

A l’issue de la présentation de la note française au Conseil agricole, le commissaire européen Dacian Ciolos a prôné la création d’une « plateforme conjointe » pour améliorer la transparence des marchés physiques. Ce système mettrait en commun et publierait toutes les données pertinentes pour la sécurité alimentaire. Il serait du même type que celui qui existe aujourd’hui pour les marchés de l’énergie. Sur la base de ces informations, un mécanisme de « première alerte » sur les prix aux niveaux régional et mondial permettrait de proposer des réponses quand la situation de marché indique un risque aigu pour la sécurité alimentaire.
Le commissaire à l’agriculture a par ailleurs souligné l’importance de la recommandation formulée dans le cadre des négociations de l’OMC en vue de renforcer les règles concernant les interdictions et restrictions d’exportation. Selon lui, celles-ci devraient au moins épargner les achats d’aliments effectués à titre humanitaire.
Sur ces points et sur d’autres, la Commission soumettra des propositions précises afin de nourrir le plan d’action qui doit être élaboré en juin par les ministres de l’agriculture du G20, a annoncé M. Ciolos.

(1) Voir n° 3296 du 11/04/11

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