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L.V. Bruxelles cède sur les subventions à l’exportation

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Les négociations du cycle de libéralisation du commerce mondial ont repris à Genève le 22 mars, et ce, pour une semaine. En gage de bonne volonté, l’Union européenne s’est dit prête à supprimer ses subventions à l’exportation, dès le début de la réunion. Mais pas sans contreparties américaines.

Le mot est lâché. Dès le début de la reprise des négociations agricoles à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le 22 mars, le commissaire européen à l’Agriculture Franz Fischler s’est dit prêt à discuter de la suppression des subventions à l’exportation européennes. Il a fait sensiblement évoluer la position de l’Union européenne qui, jusqu’alors, se limitait à envisager une telle mesure pour les seuls produits d’intérêt spécifique pour les pays en développement.

« Parallélisme »

Mais cette inflexion est toute relative car Franz Fischler pose une condition : que « le parallélisme soit garanti » dans les négociations entre les subventions à l’exportation européennes et les autres formes de soutien à l’exportation. Comme il l’avait déjà fait, le commissaire s’attaque à l’aide alimentaire et aux crédits à l’exportation que les Américains ne sont pas prêts à supprimer. Il y a quelque temps, le représentant américain pour le Commerce s’était affiché en faveur de l’élimination « de l’élément subvention des crédits à l’exportation ». Tout est dans la nuance.

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« Encore indispensables »

La nuance est d’autant plus importante que certains fonctionnaires européens sont conscients de l’importance des restitutions à l’exportation pour l’industrie agroalimentaire européenne, encore à l’heure actuelle. Pour « les produits laitiers et le sucre, les subventions sont encore indispensables », soulignait l’un d’entre eux dernièrement. Malgré leur diminution progressive, elles compensent encore la différence du prix de ces matières premières entre les marchés mondiaux et européen. D’un montant d’environ 415 millions d’euros, elles comblent un différentiel de compétitivité de l’industrie agroalimentaire. Dans ces conditions, l’annonce du commissaire à l’Agriculture Franz Fischler risque de durcir encore les relations entre producteurs de laits et transformateurs, entre fabricants de sucre et utilisateurs. Les demandes de baisses de prix pourraient se faire de plus en plus pressantes.