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UE/Sécurité alimentaire Bruxelles demande une réévaluation complète des effets de l’aspartame

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En réponse à des inquiétudes sur les effets possibles de l’aspartame sur la santé des consommateurs, la Commission européenne a demandé à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) de procéder à une réévaluation complète de cet édulcorant artificiel. La réévaluation était prévue pour 2020 mais l’Exécutif européen a exigé d’y procéder maintenant à la lumière de récents rapports scientifiques sur le potentiel carcinogène et génotoxique de l’aspartame. L’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), qui réalise actuellement des travaux sur les risques et bénéfices des édulcorants, sera étroitement associée aux enquêtes de l’AESA.

Suite à la publication de deux récentes études (2010), l’une danoise (Halldorson), l’autre italienne (Soffriti), montrant que la consommation d’édulcorant pouvait augmenter le risque de naissances précoces et favoriser certains cancers (foie, poumons) (1), la Commission européenne vient de demander à l’Autorité européenne de sécurité des aliments d’anticiper l’échéance prévue pour la réévaluation complète de la sécurité de l’aspartame. Le réexamen de cet édulcorant artificiel le plus employé dans le monde, qui devait à l’origine être achevé en 2020, devra à présent être finalisé en 2012. Ce réexamen fait partie du programme de réévaluation systématique de tous les additifs alimentaires autorisés dans l’Union européenne. A cet effet, l’AESA va organiser un appel public afin de recueillir de nouvelles données et procéder à un examen approfondi de la littérature disponible sur les effets possibles de l’aspartame sur la santé.

Collaboration ANSES/AESA
L’Autorité européenne travaillera en liaison étroite, en particulier, avec l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) sur l’évaluation nutritionnelle des risques et des bénéfices des édulcorants que cette dernière a réalisée. Tout comme l’AESA, l’ANSES a examiné, elle aussi, les deux nouvelles études italienne et danoise portant sur d’éventuels effets sanitaires qui pourraient être attribués à l’aspartame ou à des boissons contenant des édulcorants alimentaires, dont l’aspartame. Dans une déclaration de février 2011, l’AESA a conclu que les deux études ne justifient pas une révision des évaluations précédentes de l’aspartame ou d’autres édulcorants actuellement autorisés dans l’Union européenne. L’AESA a réalisé l’examen de ces études en collaboration avec l’ANSES qui réalise également des travaux dans ce domaine. Si l’ANSES, a suivi de près la position de l’AESA, sur l’absence de preuves suffisantes pour modifier à la baisse la dose journalière admissible (DJA) d’aspartame (40 mg par kg de poids corporel et par jour) ou d’autres édulcorants intenses, l’Agence française a toutefois décidé de lancer une nouvelle évaluation des bénéfices et des risques nutritionnels de ces édulcorants. Elle estime qu’au delà de ces interrogations d’ordre toxicologique, la question de l’intérêt nutritionnel des édulcorants intenses est régulièrement posée. Elle a à cet effet mis sur pied un groupe de travail afin d’évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels des édulcorants intenses et la nécessité éventuelle de nouvelles recommandations pour des populations sensibles.

(1) Il s’agit d’une étude conduite par la FER (Soffriti et al., 2010) sur le potentiel carcinogène chez les souris exposées à l’aspartame par le biais de leur alimentation, et d’une étude épidémiologique examinant l’association entre la consommation de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels et le risque accru d’accouchement prématuré (Halldorsson et al., 2010).

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