Abonné

Aides d’État Bruxelles enquête sur les pénalités laitières françaises

- - 3 min

Le système français de pénalités laitières fait désormais l’objet de deux procédures d’enquête européenne. Bruxelles conteste, d’une part, la mise en place de cette taxe appliquée en cas de dépassement individuel de quota et, d’autre part, son utilisation contraire aux règles en matière d’aide d’État. La France a d’ores et déjà annoncé qu’elle mettait fin dès cette année au dispositif.

La Commission européenne a annoncé le 3 octobre avoir officiellement ouvert une enquête sur la taxe imposée par la France aux producteurs laitiers dépassant leur quota individuel de production, qu’il y ait ou non dépassement du quota laitier national. Bruxelles va se pencher sur la compatibilité du système français avec les règles relatives aux aides d’État. Une plainte avait été déposée auprès de la Commission par des associations de laitiers bretons contre cette taxe fiscale affectée (TFA) pour financer les programmes d’aide à la cessation d’activité laitière.
Deux procédures sont donc désormais en cours sur ce dossier puisque la Commission avait envoyé en juin dernier une lettre de mise en demeure à la France concernant le prélèvement systématique de la taxe auprès des agriculteurs qui ont dépassé leurs quotas laitiers individuels ce qui, dans le cas où le quota national n’est pas dépassé, est contraire à la législation de l’UE (1).

La France met fin au dispositif

Cette fois, c’est sur l’utilisation de la taxe que Bruxelles va enquêter. Plusieurs points rendraient cette taxe illégale : d’une part, l’aide à la cessation de l’activité laitière ne serait pas conforme aux dispositions applicables en matière d’aides d’État dans le secteur agricole ; d’autre part, la taxe française peut faire l’objet d’abattements fixés par arrêté, or ces abattements comportent un élément d’aide d’État que les règles de concurrence ne semblent pas pouvoir justifier. Dernier grief : « Le produit de la taxe, qui est considéré comme constituant une ressource d’État, a également été utilisé pour financer la destruction de lait contaminé par des PCB selon des conditions qui ne semblent pas correspondre à celles fixées dans ces mêmes dispositions ». L’ouverture de cette procédure formelle autorise la Commission à procéder à un examen plus approfondi et donne aux parties intéressées la possibilité de présenter leurs observations.
En ce qui concerne la procédure d’infraction (la première affaire, lancée en juin), les autorités françaises viennent de répondre à la lettre de mise en demeure de la Commission. Cette réponse est actuellement en cours d’examen. La France a de toute façon annoncé qu’elle mettait fin à ce dispositif dès la campagne en cours. Mais, pour le ministre de l’agriculture français Stéphane Le Foll, « il est impératif de développer des mécanismes alternatifs permettant de faire face à des excédents d’offre conjoncturels. J’ai écrit au commissaire pour lui demander de réfléchir, dans le cadre de la réforme de la Pac, à un mécanisme de stabilisation communautaire dans le secteur laitier ».

(1) Voir n° 3360 du 23/07/2012

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre