Le gouvernement colombien et la Commission européenne ont entamé des négociations pour la conclusion d'un accord sur le commerce des produits biologiques. Pour faciliter les échanges entre les deux partenaires, le futur accord sera fondé sur la reconnaissance mutuelle des règles et des systèmes de contrôle des produits biologiques.
C'est dans le cadre de la visite du commissaire européen à l'agriculture, Phil Ho-gan, en Colombie du 7 au 9 février (1), que les deux parties ont entamé les premières discussions relatives à la négociation d'un accord sur le commerce des produits biologiques. De part et d'autre, on a confirmé l'intérêt à conclure rapidement un accord qui permettrait d'offrir de plus grandes opportunités commerciales aux agriculteurs biologiques des deux camps, de réduire les charges administratives et financières des entreprises et à rendre disponibles sur le marché plus de produits biologiques pour les consommateurs. Bien que ne faisant pas partie de l'accord commercial en vigueur depuis 2013 entre l'UE et la Colombie (et le Pérou), le nouvel accord en négociation sur les produits biologiques devrait bénéficier des mesures de facilitation du commerce qui ont été établies depuis lors.
RECONNAISSANCE MUTUELLE DES RÈGLES
Selon les propositions de la Commission européenne de mars 2014, les produits bio devront répondre à des exigences plus strictes, notamment la levée de certaines réglementations particulières et exceptions, l'interdiction de cultiver simultanément des produits bio et des produits conventionnels et des contrôles plus rigoureux des produits biologiques importés. Ces mesures ont pour but affiché de restaurer la confiance des consommateurs, déçus par les scandales de fraude et les myriades de marques biologiques qui ont fleuri sur les marchés. Le futur accord sur le commerce des produits biologiques entre l'UE et la Colombie sera basé sur la reconnaissance mutuelle des règles et des systèmes de contrôle de production afin de les considérer comme équivalents (2). Cela devrait, dixit la Commission européenne, permettre la réduction des charges administratives pour les producteurs et les opérateurs.
PAS DE DONNÉES SUR LE COMMERCE UE/COLOMBIE EN PRODUITS BIOLOGIQUES
En ce qui concerne le commerce UE-Colombie de produits biologiques, même si aucune information détaillée n'est disponible sur les volumes et les valeurs des flux commerciaux de produits biologiques, les experts de la Commission européenne estiment que les exportations de produits biologiques européennes suivront le même schéma général que celles des produits phare de l'UE comme les vins, les spiritueux, les préparations alimentaires, les aliments pour bébés et l'huile d'olive. En ce qui concerne les importations de l'UE, les principaux produits provenant de Colombie sont les bananes et le café, qui représentent plus de 70% des exportations colombiennes vers l'UE. L'huile de palme et le sucre de canne ou de betterave sont d'autres produits importants importées de la Colombie (25% environ).
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PLUS DE VISIBILITÉ POUR LES PRODUITS FRANÇAIS
Depuis l'application provisoire de l'accord commercial UE/Colombie en 2013, la France a enregistré une forte augmentation des exportations de produits agroalimentaires (céréales et fruits notamment) vers la Colombie variant, suivant les produits, entre +22 % et +382 % au cours du premier semestre 2014. Depuis 2013, 92 indications géographiques européennes sont désormais protégées en Colombie, dont 43 françaises (27 vins, 6 fromages, 4 spiritueux, 2 produits à base de viandes, 2 huiles, 1 mollusque et 1 fruit) contre 2 indications géographiques colombiennes. La reconnaissance de ces normes européennes, jusque-là peu connues des Colombiens est considérée comme une victoire sur le système américain des marques.
(1) Phil Hogan était accompagné d'une délégation de 35 entreprises européennes représentant un large éventail du secteur agroalimentaire de l'UE.
(2) En vertu des règles actuelles sur le régime d'importation de produits bio en provenance de pays tiers, ces derniers peuvent demander une reconnaissance unilatérale d'équivalence par la Commission. Jugée discriminatoire à l'égard des producteurs européens (qui n'ont pas la possibilité de recevoir le même traitement dans les pays tiers), l'UE a décidé désormais de prévoir un nouveau système basé sur « la reconnaissance mutuelle » de l'équivalence dans chaque accord qu'elle négocie avec un pays tiers.
Le secteur des produits biologiques dans l'Union européenne a connu un développement rapide ces dernières années avec une superficie totale de 10,3 millions d'hectares cultivés en bio en 2014 par rapport à 6,4 millions d'hectares en 2005. Cela signifie une croissance annuelle moyenne de 5,5% sur une période de 10 ans. La surface de la production biologique représente désormais 6 % du total de la superficie agricole utilisée en 2014 contre 5 % en 2009. Les 5 premiers pays producteurs en 2014 étaient l'Espagne (1,7 million d'ha), l'Italie (1,4 million d'ha), la France (1,1 million ha), l'Allemagne (1 million d'ha) et la Pologne (0,7 million d'ha). Le marché de l'UE pour les produits biologiques représente environ 40 % du marché mondial, juste derrière celui des États-Unis (43 % du marché mondial). Ces dernières années, la valeur du marché bio de l'UE a augmenté en moyenne de plus de 6 % par an, avec un total des ventes de produits biologiques de plus de 22 Mrd€ en 2013. La même année, les pays de l'UE avec les marchés bio les plus importants ont été l'Allemagne (7,5 Mrd€), la France (4,4 Mrd€), le Royaume-Uni et l'Italie (2 Mrd€ chacun).