Ouvrir les marchés des pays tiers où existent des barrières sanitaires et phytosanitaires et concentrer tous les efforts sur les marchés agroalimentaires alternatifs prioritaires. C'est l'un des thèmes majeurs qui ont fait l'objet d'un débat lors de la première réunion officielle du Groupe de Dialogue Civil (CDG) sur les produits laitiers.
Lors de leurs débats le 19 novembre à Bruxelles sur les marchés d'exportation de produits laitiers où subsistent encore des barrières sanitaires et phytosanitaires, les participants du Groupe de Dialogue Civil (CDG) (1) sur les produits laitiers de l'UE ont évalué, d'une part, l'impact de l'embargo russe sur les marchés agroalimentaires européens et, d'autre part, les marchés des pays tiers sur lesquels pourraient être redirigées les exportations européennes affectées par les restrictions russes. Pour rappel, la Russie a décrété début août 2014 un embargo sur la plupart des produits alimentaires européens et américains en réponse aux sanctions occidentales prises par les Occidentaux contre Moscou en lien avec la crise ukrainienne. En octobre dernier, la Russie a décidé d'étendre son embargo aux abats, farines animales, gras et autres produits dérivés bovins, porcins et issus de la volaille. Un peu moins de 10 % des exportations agricoles de l'Union européenne vont à la Russie, soit l'équivalent de 11 milliards d'euros par an, selon les chiffres de la Commission européenne. Il s'agit principalement de fruits et légumes, de fromages et de viande de porc. Les barrières sanitaires les plus fréquentes rencontrées par les produits européens sont par exemple le refus d'importer des fromages à base de lait cru, des procédures d'approbation trop longues, un système d'approbations effectué Etat membre par Etat membre, des visites d'inspection des établissements pendant des périodes trop longues, etc.
SIX MARCHÉS ALTERNATIFS PRIORITAIRES
Pour tenter de compenser la perte du marché russe des produits laitiers, les participants à la réunion du CDG ont identifié six marchés alternatifs prioritaires : le Brésil, la Chine, la Colombie/Pérou, l'Inde, la Turquie et les Etats-Unis/Canada. Afin de séduire cette demi-douzaine de marchés alternatifs, le représentant de la Commission européenne a suggéré aux participants une série de méthodes : une intensification des échanges d'informations entre les parties prenantes, les Etats membres et les instances communautaires sur les questions sanitaires et phytosanitaires relatives, une utilisation plus intensive de la base de données communautaire sur l'accès au marché, un soutien politique et technique conséquent aux exportateurs européens et enfin la diffusion d'un message européen cohérent auprès des importateurs des pays tiers.
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Sollicité pour savoir ce que l'industrie agroalimentaire peut faire pour répondre au mieux à l'embargo russe, le représentant de la Commission européenne a suggéré une palette d'instruments. Parmi ceux-ci citons par exemple que l'industrie contribue à présenter ses commentaires pertinents sur les nouveaux projets législatifs dans les pays tiers, la participation des industriels aux activités de la Commission européenne en matière d'accès aux marchés (groupe de travail sur l'accès au marché pour l'échange d'informations entre la Commission, les Etats membres et l'industrie), la fourniture d'informations sur les différentes barrières commerciales dans les pays tiers et enfin informer la Commission européenne quand des problèmes d'accès au marché sont résolus avec un pays tiers. A la demande de la Commission européenne une nouvelle réunion du Groupe de Dialogue Civil sur le lait et les produits laitiers se tiendra prochainement, réunion au cours de laquelle ce Groupe sera chargé d'élaborer un projet de proposition d'un « Plan laitier stratégique » de 7 ans pour le secteur laitier européen. Aziz Ben Marzouq
(1) Ces nouveaux « groupes de dialogues civils » ont été créés par la Commission européenne, groupes le 18 juillet 2014. Pendant les 7 années à venir, ils formuleront avis et recommandations destinés à alimenter les travaux des participants. Ces groupes – qui sont au nombre de 14 – remplaceront les actuels groupes consultatifs de l'UE. Ils sont chacun chargés de questions spécifiques (par exemple les produits laitiers, la qualité des produits, la promotion des produits, les aspects internationaux de l'agriculture, les produits d'origine animale, les spiritueux, etc...).
Afin d'atténuer l'impact de l'embargo russe sur les trois pays baltes (Estonie, Lituanie et Lettonie), la Commission européenne a décidé le 19 novembre 2014 d'accorder une aide financière de 28 millions d'euros aux producteurs laitiers de ces pays. Ce nouveau coup de pouce financier sera le dernier d'une série adoptée par la Commission européenne en réponse à l'embargo russe sur les importations de certains produits agricoles de l'UE. Le nouveau commissaire européen à l'agriculture, Phil Hogan, a déclaré à ce propos : « Je suis très conscient de l'impact significatif que l'interdiction russe a eu sur les producteurs laitiers dans les trois pays baltes en raison de leur exposition au marché russe et de la baisse des prix. Quand nous observons la part de la production nationale précédemment exportée vers la Russie et la chute des prix depuis le début de la crise, nous constatons que les secteurs des produits laitiers en Lettonie, Lituanie et Estonie ont été particulièrement affectés ».