La première prise de position du nouveau collège de commissaires européens sur les OGM laisse entrevoir des réticences à poursuivre les autorisations à de nouveaux produits sans l’aval des Etats membres. Les « inquiétudes » persistent tant chez les consommateurs qu’au sein des instances politiques nationales, relève José Manuel Barroso, le président de la Commission.
Les OGM embarrassent la nouvelle Commission européenne. Tiraillée entre les tenants des biotechnologies qui mettent en garde contre le retard technologique pris par l’Union et les défenseurs de l’environnement, Bruxelles cherche à sortir de sa position d’arbitre (le plus souvent en faveur des premiers). Sûre d’être en première ligne en cas de dissémination ou de problème de santé publique, l’administration communautaire tente de se dédouaner en mettant les ministres face à son dilemme : comment concilier principe de précaution et promotion de l’innovation. « Nous souhaitons que les Etats membres prennent davantage de responsabilités », explique la porte parole du président de la Commission, José Manuel Barroso.
« Responsabilités »
C’est la conclusion d’un premier échange de vues au sein du collège des commissaires européens, le 22 mars sur la question des OGM. Pour autant, José Manuel Barroso estime, dans une communication que « la voie à suivre » est la « poursuite » des démarches pour l’autorisation de futurs OGM. Même si « les principaux détaillants et industries agroalimentaires hésitent encore à commercialiser des denrées alimentaires étiquetées GM sous leur propre marque », reconnaît-il, et ce, « en dépit des évaluations d’innocuité rigoureuses et des exigences strictes en matière de traçabilité et d’étiquetage ».
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Coexistence des filières
Sur un seul point Bruxelles montre des signes d’ouverture : la possibilité de « mesures supplémentaires » éventuellement présentées dans un « rapport sur la mise en œuvre des mesures de coexistence dans les Etats membres », présenté à la fin de l’année.
Ce serait la réponse de José Manuel Barroso pour endiguer la montée en puissance du réseau de régions anti-OGM dont « la popularité et le nombre (…) ne cesse de croître », s’inquiète-t-il. Mais le remède suffira-t-il a faire accepter les OGM, alors que « la stricte législation européenne en vigueur sur les OGM n’a jusqu’ici pas permis d’améliorer l’acceptation des biotechnologies » par les citoyens et que les produits qui en sont issus « ne percent pas sur le marché », à l’exception des aliments pour bétail ?