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Lait Bruxelles lance la réflexion sur l’encadrement de l’après-quotas

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Renforcement du pouvoir de négociation des producteurs, éventuelles incitations à une réduction de la production en cas de crise, maintien de la production dans toutes les zones rurales : telles sont les pistes tracées par le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, en vue d’une conférence sur le secteur laitier qui se tiendra en juillet et de propositions à présenter en 2014, avant la fin des quotas.

L’UE aura besoin d’un cadre efficace pour « réguler » le secteur laitier après la fin des quotas, en 2015, a estimé Dacian Ciolos le 21 janvier, lors du lancement d’une étude commanditée par ses services pour alimenter les débats d’une conférence prévue en juillet à Bruxelles sur ce sujet.
Pour tenter d’assurer l’équilibre à la fois des marchés et de la concurrence, il a rappelé tout d’abord que le paquet lait apporte des réponses en ce qui concerne les organisations des producteurs, mais qu’il ne s’agit là que d’une « première étape » pour leur permettre d’accroître leur pouvoir dans la chaîne alimentaire.
Le commissaire à l’agriculture a aussi souligné la nécessité de disposer d’outils pour faire face aux crises sévères qui menacent tous les producteurs de lait, même ceux qui sont parfaitement compétitifs dans des conditions de marché normales. « Quelle pourrait être l’efficacité de mesures incitatives pour réduire le niveau de production durant une crise ? », s’est-il interrogé.

Les termes de la compétitivité pourraient changer

Deuxième défi, a poursuivi Dacian Ciolos : assurer la durabilité de la production laitière, y compris sur le plan territorial. Deux questions se posent, selon lui : comment maintenir la production dans les zones de montagne ou dans les États membres du Sud, qui dépendent fortement de l’alimentation animale importée, et comment favoriser le processus de restructuration dans les nouveaux États membres tout en évitant la concentration dans les zones les plus productives ?
Le commissaire européen a tenu à souligner que, dans ce contexte, il faut tenir compte non seulement de la compétitivité telle qu’elle est actuellement, mais aussi des coûts environnementaux et de la durabilité à long terme des systèmes de production intensifs.
Ces dernières années, on a vu l’impact négatif d’une hausse des prix des aliments pour animaux sur les exploitations laitières intensives, a-t-il ajouté, avertissant qu’« un modèle très compétitif aujourd’hui pourrait être moins compétitif demain ».
Dacian Ciolos attend donc que l’étude commanditée par ses services avance des idées concrètes, en vue de la conférence de juillet, mais aussi « d’éventuelles propositions à soumettre en 2014, avant la fin des quotas ».