La Commission européenne publie un rapport sur l'étiquetage obligatoire des viandes incorporées dans les plats préparés. Il pèse les contraintes qui visent tant à informer le consommateur que les implications pour les industriels et en termes de coûts. Elle va engager un débat sur le sujet avant que de proposer les mesures législatives idoines
La Commission européenne a publié ce 17 décembre 2013 un rapport sur la possibilité d'étendre l'étiquetage d'origine obligatoire à toutes les viandes utilisées comme ingrédient dans les plats cuisinés. Sur la base d'une étude extérieure achevée en juillet 2013, ce rapport met en balance la nécessité pour le consommateur d'être informé et la faisabilité de l'instauration de cet étiquetage obligatoire, et contient également une analyse coûts/avantages concernant, notamment, les conséquences qui en résulteraient pour le marché unique et le commerce international. Sur la base de ces discussions, la Commission déterminera les éventuelles suites à donner. Elle pourra ainsi, le cas échéant, décider de présenter une proposition législative en vue de réglementer l'origine de la viande utilisée comme ingrédient dans les aliments.
CONCLUSIONS PRINCIPALES
Les principales conclusions du rapport de la Commission européenne indiquent qu'une proportion très élevée des consommateurs (90 %) souhaite que l'origine de la viande utilisée en tant qu'ingrédient soit indiquée sur l'étiquetage. Dans le même temps, parmi les facteurs les plus importants influant sur le choix du consommateur, l'intérêt pour la mention d'origine passe après le prix et la qualité. En d'autres termes, s'ils souhaitent vivement que l'origine figure sur l'étiquetage les consommateurs ne sont toutefois pas prêts à payer le coût supplémentaire qui en résulterait. Selon les résultas des enquêtes menées auprès des consommateurs, des hausses de prix inférieures à 10 % feraient chuter de 60 à 80 % la volonté du consommateur de payer davantage. Le rapport de la Commission note par ailleurs qu'il existe, d'un État membre de l'UE à un autre, une différence considérable dans les préférences des consommateurs et leur compréhension des informations sur l'origine des produits, ainsi que dans la motivation et les raisons pour lesquelles ils souhaitent obtenir de telles informations.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
À l'issue des discussions avec les États membres de l'UE et avec le Parlement européen, au cours du premier trimestre de 2014, la Commission européenne devrait déterminer les éventuelles suites à donner à ce dossier.
L'étude externe sur laquelle se fonde le rapport de la Commission européenne sur la possibilité d'étendre l'étiquetage obligatorie de l'origine à toutes les viandes utilisées comme ingrédient dans les plats cuisinés, s'appuie sur une vaste consultation des parties prenantes, notamment les organisations de consommateurs et les organisations sectorielles ainsi que les autorités nationales compétentes des États membres de l'UE. Le rapport évalue trois scénarii: 1) maintenir l'indication de l'origine sur une base volontaire (ce qui équivaut à un statu quo), 2) introduire l'obligation d'indiquer sur l'étiquetage que l'origine est a) UE/non UE ou b) UE/un pays tiers spécifique (par exemple, le Brésil) et 3) introduire l'obligation d'indiquer spécifiquement sur l'étiquetage l'État membre ou le pays tiers d'origine.