En déplacement au Brésil du 9 au 13 octobre, Markos Kyprianou, le commissaire en charge de la santé et de la protection des consommateurs, a mis en garde Luis Carlos Guedes Pinto et Celso Amorim, les ministres de l’Agriculture et des Affaires extérieures de ce pays : faute d’une action rapide pour renforcer la sécurité sanitaire de la viande de bœuf d’ici au printemps prochain, l’UE pourrait imposer un embargo.
Quelque 60 % du plan de réduction des résidus de produits vétérinaires sont achevés, a promis le ministre brésilien de l’Agriculture Luis Carlos Guedes Pinto au commissaire européen chargé de la santé et de la protection des consommateurs, Markos Kyprianou, lors d’une entrevue, le 9 octobre. Certes, le Brésil s’efforce de respecter les normes européennes, mais, a prévenu le commissaire chypriote, l’Union européenne ne se contentera pas d’une déclaration de bonnes intentions. « Si la moindre menace pour la sécurité alimentaire ou la protection des consommateurs est suspectée, la Commission a déjà montré qu’elle n’hésite pas à prendre les mesures qui s’imposent », a-t-il indiqué.
Inspections sanitaires début 2007
Des inspecteurs sanitaires de l’UE seront envoyés au Brésil au début de l’année prochaine pour faire un point sur la situation dans le domaine des résidus. Si les manquements constatés en 2003 et en 2005 n’ont pas été effacés, Bruxelles pourrait décider dès le mois de mars 2007, d’imposer un embargo en particulier sur les importations de viande de bœuf brésilienne.
Confronté à cet ultimatum de la part du commissaire européen, le ministre brésilien des Affaires étrangères a, de son côté, demandé la convocation d’une réunion du comité bilatéral UE-Brésil sur les mesures sanitaires et phytosanitaires, comme cela avait été convenu précédemment avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Une façon pour lui de dire qu’il considère cette menace comme la volonté d’introduire de nouvelles barrières commerciales, ce que soupçonnent d’ailleurs les producteurs brésiliens.
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Quoi qu’il en soit, la Commission envisage de retirer l’approbation donnée aux plans de contrôle des résidus pour la viande de porc, d’ovins et de caprins, ainsi que pour le lait et les produits laitiers déjà interdits dans l’UE pour d’autres motifs sanitaires. Des mesures similaires sont déjà en place pour la viande de gibier et le miel dont les importations en provenance du Brésil sont interdites.
Régionalisation des embargos
Par ailleurs, Markos Kyprianou est allé au Brésil avec des menaces, mais aussi des demandes : il a indiqué aux ministres brésiliens que l’Union européenne régionalise les embargos aux seules régions touchées par les maladies animales, lorsque cela s’impose. Il demande aux autorités de ce pays d’en faire autant. Il a obtenu qu’une réunion sur la réciprocité des mesures d’embargo soit organisée entre les services européens compétents et leurs homologues brésiliens au mois de novembre.