La Commission européenne envisage de proposer la suppression de l’aide de 45 euros par ha de cultures énergétiques, versée aujourd’hui dans le cadre de la PAC. C’est en tout cas ce que compte faire la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, au titre de ses propositions dans le cadre du bilan de santé le 20 mai prochain. Sera-ce suffisant pour calmer les préoccupations de l’industrie agroalimentaire européenne ?
Selon la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, l’Union est en mesure d’atteindre l’objectif de 10 % d’agrocarburants sur l’ensemble du marché communautaire des carburants avant 2020 « sans imposer de pression excessive sur le marché alimentaire et celui des animaux ». Selon elle, l’UE pourrait utiliser, sans trop de problème, autour de 15 % des terres arables pour produire des agrocarburants en 2020. D’après la commissaire, on pourrait aussi s’attendre à une augmentation des prix des céréales en Europe de 3 à 6 % et de 8 à 10 % pour le colza. Elle prévoit également un excédent de 34 millions de tonnes de céréales par an d’ici 2020 En tenant compte de la fin du gel des terres (qui pourrait produire quelque 12 millions de t de céréales supplémentaires), des progrès des agrocarburants de 2 e génération et d’un niveau raisonnable d’importations. .
Scepticisme de l’industrie agroalimentaire
« Nous sommes pour la révision de la prime aux productions énergétiques mais cela ne suffira pas à calmer nos préoccupations », a indiqué à Agra alimentation Sabine Henssler, la porte-parole de la CIAA (Confédération européenne des industries agroalimentaires). « Nous demandons de respecter les conclusions du Sommet européen de 2007 d’après lesquelles l’objectif de 10 % soit conditionné à la disponibilité de biocarburants de seconde génération et à la mise en place d’un schéma de durabilité pour la production de matières premières », a-t-elle précisé. Mieux, l’industrie agroalimentaire réclame l’incorporation d’une clause de révision formelle dans la future législation sur les agrocarburants pour une évaluation en ce qui concerne la disponibilité des biocarburants de deuxième génération, en 2015 au plus tard, pour éviter de graves déséquilibres du marché et des perturbations dans le secteur des matières premières agricoles. « S’il apparaît que la deuxième génération de biocarburants n’est pas disponible, l’objectif de 10 % devrait être revu », selon la CIAA. La directive devrait également offrir aux Etats membres la possibilité de mettre en oeuvre un mécanisme de suspension temporaire des objectifs nationaux en matière d’agrocarburants pour prévenir les situations de crise.
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Michel Barnier favorable aux agrocarburants 2 e génération
La proposition de nouvelle directive européenne sur la promotion des énergies renouvelables, publiée le 23 janvier 2008, appelle chaque Etat membre de l’UE à augmenter sa part d’énergies renouvelables afin de stimuler la part européenne pour qu’elle passe de 8,5 % aujourd’hui à 20 % d’ici 2020. Dans le cadre de l’objectif global européen, chaque Etat membre doit atteindre un objectif individuel visant à accroître l’utilisation des biocarburants à 10 % de la consommation en carburant des transports. Lors de récentes interventions devant la presse, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, a confirmé que le gouvernement français voulait soutenir la politique de développement des agrocarburants avec un objectif de 7 % en 2010. Il a rappelé que 7 % d’agrocarburants dans les essences en 2010 représenterait 7 % de la surface agricole utile de la France. Pour aller au-delà (10 %), il faudrait, selon lui, faire appel aux agrocarburants de seconde génération. Pour l’instant, une expertise sur le bilan énergétique et écologique des agrocarburants de première génération (issus des cultures destinées à l’alimentation) a été confiée à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et devrait être bientôt rendue publique. Pour ceux de deuxième génération (biomasse et plantes entières), Michel Barnier souhaite une unité pré-industrielle d’ici 3 à 5 ans maximum.