A quelques semaines des négociations OMC à Hong Kong, la Commission européenne a laissé s’ébruiter une étude sur les marchés agricoles entre 1992 et 2003 et les perspectives du commerce à vingt ans. Son analyse l’incite à miser sur les produits transformés plus que sur les produits primaires.
Pour les services de la Commission de Bruxelles, l’Europe doit tourner sa politique agricole commune vers les marchés gagnants : le commerce des produits à forte valeur ajoutée. C’est la conclusion d’une étude interne de la DG Agri sur l’évolution des marchés mondiaux de produits agricoles et agroalimentaires.
A quelques semaines des négociations de Hong Kong, l’Europe a fait ses comptes. Entre 1992 et 2003, elle a perdu 20 millions de tonnes de céréales à l’export ; est passée d’exportateur net à importateur de viande ; et a subi la concurrence redoutable de la Nouvelle-Zélande pour le lait, en recul toutes catégories confondues sauf en valeur pour le fromage. L’Union européenne reste à la fois le plus grand exportateur et le plus important importateur de produits agricoles. Elle accuse toujours un léger déficit, en recul toutefois au cours de la période étudiée.
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« Produits de valeur »
De tous ses chiffres, les services de l’exécutif européen retiennent la hausse relative des « produits de valeur ». Elle est permise par la baisse des prix intérieurs des matières premières, du fait des réformes successives de la politique agricole commune. Lorsqu’elle se projette dans vingt ans, la Commission européenne estime que le décrochage de l’UE dans le domaine des exportations de produits primaires va se confirmer. Une analyse que tout le monde ne partage pas, en particulier en France. À l’instar du ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau, le directeur général de l’Ania Benoît Mangenot estime que la Commission devrait « prolonger les courbes, notamment celle de la démographie mondiale ». A ses yeux, les exportations agricoles devraient se maintenir.
En revanche, « les fruits de la réforme de la Pac » devraient être engrangés par les industries agroalimentaires, prédit Bruxelles. Ces dernières devraient, selon cette analyse, se développer sur les marchés mondiaux. Les contraintes de sécurité sanitaire et le coût du pétrole devraient permettre à l’agriculture européenne de se maintenir comme principale source d’approvisionnement pour les transformateurs de l’UE.