La Commission de Bruxelles n’a pas répondu à la demande de la Belgique, soutenue par sept Etats membres de l’UE, d’apporter un soutien au marché de la viande porcine pour faire face à la baisse des prix. Les producteurs européens ont bénéficié d’une année « remarquable » en 2008 et ils sont à présent capables d’encaisser une baisse des prix, a fait valoir Mariann Fischer Boel, la commissaire européenne à l’agriculture, lors du Conseil agricole, le 23 mars à Bruxelles.
La Belgique avait derrière elle la France, la Pologne, la Lituanie, la Grèce, la Hongrie, l’Autriche et la Slovaquie pour réclamer l’ouverture du régime d’aide au stockage privé et la réintroduction temporaire des restitutions à l’exportation pour la viande de porc fraîche et congelée. Cette demande s’est heurtée au refus de la Commission européenne. Mme Fischer Boel a déclaré que ses services suivaient de près l’évolution du marché et que des mesures d’aides supplémentaires n’étaient pas jugées appropriés à ce stade. Le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne ont également estimé cette requête injustifiée. Les Allemands ont notamment souligné que l’octroi de restitutions risquait d’avoir un effet déstabilisateur sur les disponibilités intérieures.
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La Belgique a mis en avant la forte dégradation du marché intervenue ces derniers mois, les prix ayant diminué de 10 % en moyenne de décembre 2008 à février 2009. De plus, a-t-elle indiqué, au cours de cette même période, les devises des principaux pays concurrents de l’UE se sont fortement dépréciées face à l’Euro et l’UE est à la peine à l’exportation. Les exportations vers la Russie ont chuté sensiblement et les ventes à l’Ukraine, qui avaient atteint 100 000 tonnes l’an dernier, sont proches de zéro depuis le début de l’année. La démarche de la Belgique s’appuie donc sur le fait qu’il faut octroyer des restitutions afin d’encourager le négoce à s’orienter vers de nouveaux marchés, en particulier le Japon, Hong-Kong et la Corée. Le marché coréen pourrait en particulier se révéler très prometteur dès cette année pour les Européens si l’accord entre l’UE et la Corée, actuellement en cours de négociations, parvient à être conclu prochainement. Aux termes de cet accord, il est en effet prévu que, dans le secteur porcin, l’UE aura droit aux mêmes conditions d’accès au marché coréen que celles dont bénéficient les Etats-Unis.