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Bruxelles n’en fait pas assez pour protéger l’UE contre les maladies des agrumes, estime le Parlement européen

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Le projet de la Commission européenne d’adaptation de la législation pour faire face aux maladies des agrumes comme la tache noire ou le faux carpocapse est insuffisant pour protéger l’UE de ces maladies.

Le Parlement européen s’oppose à la proposition de révision des annexes de la directive européenne sur les mesures de protection contre l’introduction d’organismes nuisibles aux végétaux. Bruxelles souhaite en effet adopter un acte d’exécution amendant ces annexes. Mais, estiment les eurodéputés dans une résolution adoptée le 15 décembre (par 463 voix, contre 168 et 3 abstentions), « les mesures envisagées pour prévenir l’introduction dans l’Union de nouveaux parasites de végétaux qui attaquent les agrumes ne sont pas assez fortes pour protéger les producteurs de l’UE ». Ils s’inquiètent en particulier de la propagation de la maladie des taches noires des agrumes et du faux carpocapse (chancre des agrumes).

Le nouveau règlement relatif aux mesures de protection contre les organismes nuisibles adopté au mois d’octobre s’appliquera pleinement après une période de transition de trois ans en décembre 2019 (1). D’ici là, la Commission européenne souhaite adapter le dispositif en place. L’UE a déjà adopté en avril 2016 des nouvelles mesures d’urgence pour empêcher l’entrée de la maladie de la tache noire des agrumes sur le territoire de l’UE en maintenant les restrictions imposées à l’Afrique du Sud et au Brésil et en ajoutant l’Uruguay à la liste des pays concernés par ces mesures avec des dérogations possibles pour les agrumes destinés exclusivement à la production de jus de fruits (2). En 2015, les interceptions aux frontières de l’UE d’agrumes présentant la maladie de la tache noire avaient particulièrement augmenté, notamment en provenance de l'Uruguay (3).

Tests obligatoires

Pour la maladie des taches noires des agrumes, les parlementaires demandent à la Commission européenne de revoir sa proposition d’acte d’exécution pour qu’un échantillon d’au moins 600 fruits sur chaque lot de 30 tonnes soit contrôlé avant le conditionnement, et que les fruits montrant des symptômes de la maladie soient correctement testés. Un examen visuel similaire d’un échantillon d’au moins 200 fruits sur chaque lot de 30 tonnes devrait être mis en place aux points d’entrée dans l’UE, exige également le Parlement. Les agrumes qui pourraient être infestés par une larve du faux carpocapse devraient subir un traitement par le froid (24 jours à 0,55 ºC et trois jours de prérefroidissement) ou d’autres traitements aussi efficaces et durables, avant d’être importés dans l’UE, précise la résolution.

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Commission européenne
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(1) Voir n° 3544 du 02/05/2016

(2) Voir n° 3543 du 25/04/2017

(3) Voir n° 3575-3576 du 02/01/2017