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UE/Gestion des marchés Bruxelles peu pressé d’assainir le marché du sucre

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Avec plus de cinq mois de retard, la Commission de Bruxelles va tenter de mettre fin aux spéculations menées par cinq des dix nouveaux Etats membres de l’Union européenne sur le marché du sucre. Elle va s’attaquer aux stocks accumulés avant l’élargissement qui déstabilisent un marché déjà touché par la surproduction

Les nouveaux membres de l’Union européenne auront du temps pour faire le ménage dans leurs stocks de sucre. La Commission européenne donne jusqu’au 30 novembre 2005 à l’Estonie, à Chypre, à la Lettonie, à Malte et à la Slovaquie pour éliminer leurs excédents accumulés avant l’élargissement et jugés spéculatifs. Les opérateurs pourront transformer ce sucre en aliments pour animaux, en biocarburant ou les exporter sans restitutions.

« Choqués par la légèreté de la Commission »

Les cinq pays concernés devront apporter la preuve que ce travail a bien été fait, avant le 31 mars 2006. Dans le cas contraire, Bruxelles pourrait exiger le payement de pénalités dont le montant global atteindrait 78,2 millions d’euros. Toutefois, le volume des stocks mis en cause n’est pas encore fixé par l’exécutif communautaire qui rendra sa décision au plus tard le 31 mai prochain. Ils sont estimés à 156 500 tonnes, dont la majeure partie (91500 t) à mettre à l’actif de l’Estonie.

Les industriels du sucre se disent « choqués par la légèreté avec laquelle la Commission européenne » traite ce dossier. « Une telle situation est extrêmement préoccupante car ces quantités illégales de sucre pèsent sur le marché européen alors que cette année il doit faire face à une situation de sur-approvisionnement », s’inquiète le CEFS (Comité européen des fabricants de sucre). Une augmentation des stocks de 740 000 tonnes est attendue pour la campagne 2004-2005. Les volumes exportables devraient atteindre quelque 3,9 millions de tonnes pour la prochaine campagne.

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Pour expliquer ces chiffres, le CEFS met en cause « la baisse de la consommation apparente et (…) une légère augmentation de la production sous quota ».

« Enquête sur l’origine des stocks »

Les fabricants trouvent sur ce sujet le soutien de la France notamment. Dans une lettre adressée à la Commission, le ministère de l’Agriculture demande à l’exécutif communautaire de fixer le niveau des stocks spéculatifs « sans attendre » et de mener une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude sur « l’origine des stocks » qui pourraient être la conséquence d’entrées de sucre mal contrôlées sur le marché communautaire ». Certaines informations feraient état de sucre d’origine ukrainienne arrivé illégalement dans l’Union européenne.