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Innovation Bruxelles prépare un renforcement de la recherche agricole

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Parallèlement à la réforme de la Pac, la Commission européenne souhaite doubler le budget de la recherche agricole pour la période 2014-2020. Objectifs : améliorer la productivité et le transfert des connaissances aux agriculteurs. À l’occasion d’un colloque organisé par la Commission le 7 mars, le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, a indiqué vouloir « mettre en place une boîte à outils complète à même d’amplifier l’effort de recherche et d’innovation agronomique ».

La Commission européenne veut faire de la recherche un des piliers de sa politique agricole pour la prochaine période budgétaire (2014-2020). « La Commission a mis sur la table des propositions très ambitieuses dans ce domaine. Nous proposons de doubler les crédits disponibles » pour la recherche agricole sur la période 2014-2020 (à 4,7 milliards d’euros) « et de mettre en place une boîte à outils complète à même d’amplifier l’effort de recherche et d’innovation agronomique », a rappelé Dacian Ciolos, le 7 mars à Bruxelles à l’occasion d’un colloque européen sur la recherche agricole organisé à Bruxelles. Le commissaire européen à l’agriculture fixe deux principaux objectifs : améliorer la productivité de l’agriculture européenne (qui stagne dans le contexte de réchauffement climatique et de raréfaction des ressources) en préservant l’environnement et faciliter le transfert des résultats de la recherche aux agriculteurs. La Commission européenne a déjà lancé le 29 février un partenariat européen d’innovation pour l’agriculture durable (1) qui va dans le même sens.

La recherche doit profiter à tous les types d’agriculture
Mais, précise le commissaire européen, augmenter la productivité signifie produire mieux avec moins (d’eau, d’intrants…). « À la variable sécurité alimentaire qui, elle-même est devenue plus complexe, se sont ajoutées les variables ressources naturelles à préserver et territoires à irriguer d’activités économiques », indique-t-il. Le gaspillage (on estime que 30% de la production agricole mondiale est perdue tout au long de la chaîne alimentaire) ou encore les régimes alimentaires pourraient également constituer des pistes de recherche importantes.
« Les thèmes de recherche doivent évoluer, mais les méthodes aussi afin de cibler les efforts de recherche là où sont les besoins », souligne Marion Guillou, p.-d.g. de l’Institut national de recherche agronomique français (Inra). Pour ce qui est de la transmission des connaissances, Dacian Ciolos souhaite donc « passer d’une culture du transfert à une culture d’intégration et de participation de l’ensemble des acteurs au processus de recherche pour croiser les approches et les réflexions ». Les services de la direction générale de l’agriculture, travaillent actuellement au développement de mesures au sein du deuxième pilier de la Pac qui favoriseraient cette diffusion de connaissances. Les fonds du développement rural pourraient être ciblés vers des services de conseil et des campagnes d’information. « La recherche actuelle ne prend en compte la diversité des modes de production. Il faut faire en sorte que les résultats de la recherche arrivent à toutes les exploitations petites ou grandes », précise Dacian Ciolos. « Le rôle des institutions publiques est important pour réduire le coût d’accès à l’innovation », confirme Paolo de Castro, président de la commission agriculture du Parlement européen. Toutes ces réflexions devraient nourrir la boîte à outils que Bruxelles est en train de mettre sur pied. Mais comme pour la réforme de la Pac, le cadre budgétaire retenu sera prépondérant.

(1) Voir n° 3340 du 5/03/12

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