Interdire les pratiques commerciales des industriels et des distributeurs qui limitent la concurrence, supprimer les restrictions à l’implantation des supermarchés, mettre en place une surveillance permanente des prix, telles sont les principales mesures proposées par Bruxelles pour lutter contre la « bulle spéculative » et favoriser en même temps la concurrence des prix entre différents circuits de commerce et pour que les consommateurs puissent bénéficier des meilleurs tarifs sur les produits alimentaires. EuroCommerce, le lobby du commerce européen de gros et de détail, salue l’initiative de la Commission, mais souligne que la compétitivité des entreprises doit rester une priorité.
Dans la communication qu’elle a publiée le 10 décembre en vue d’améliorer le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, la Commission européenne souligne que si les prix des denrées alimentaires ont largement baissé par rapport aux niveaux records atteints début 2008 L’inflation des produits alimentaires a constitué environ un tiers de l’inflation totale entre août 2007 et juillet 2008 et a particulièrement affecté les ménages à revenus modestes, selon la Commission, les causes sous-jacentes à la flambée du prix des matières premières agricoles (spéculation, restrictions réglementaires et concurrence insuffisante notamment) n’ont pas disparu pour autant et qu’elles doivent de ce fait être jugulées. Elle explique que la hausse des prix observée depuis 2006 s’est accompagnée d’une forte poussée des flux d’investissement dans les produits dérivés associés. La récente contraction brutale des investissements sur les marchés à terme pourrait, selon elle, signifier l’éclatement d’une bulle spéculative. Ce revirement des prix n’a cependant pas profité aux consommateurs, à l’exception de quelques pays européens (France, Royaume-Uni et Pologne). Ce que les experts interprètent comme un marché communautaire encore trop fragmenté. Outre les pratiques anticoncurrentielles les plus courantes (cartels), Bruxelles propose d’examiner l’impact d’autres mécanismes tels que les marques distributeurs, les accords de gammes ou les systèmes de certification sur le concurrence.
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« Pas la faute des détaillants », selon EuroCommerce
S’il soutient largement les objectifs des propositions de la Commission, EuroCommerce, le lobby du commerce de gros et de détail de l’UE, souligne « que les réalités du marché doivent être prises en compte ». Il tient à rappeler que les détaillants « sont le dernier maillon d’une chaîne d’approvisionnement complexe qui est souvent dominée par de grands intermédiaires ou des fabricants ». Il précise que les détaillants « achètent auprès de fournisseurs et, comme pour toute entreprise, intègrent les prix d’achat, quel que soit leur niveau, ainsi que leurs coûts d’exploitation, dans les prix de vente ». Dit autrement, le commerce européen rejette toute responsabilité dans la récente augmentation des prix alimentaires. « C’est une simplification enfantine que de penser que le détaillant achète directement chez l’agriculteur afin que toute la différence de prix entre la ferme et l’étalage va directement dans sa poche », soupire Xavier Durieu, secrétaire général d’EuroCommerce. Concernant l’observatoire des prix, EuroCommerce est d’accord avec le principe mais « à condition qu’il porte sur l’ensemble de la chaîne alimentaire et que les groupes de produits auxquels il s’applique soient agréés par les parties prenantes ».