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Questions sociales Bruxelles se penche sur la main d’œuvre étrangère saisonnière

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Les heurts violents survenus récemment en Italie en Calabre du Sud entre des saisonniers africains et une partie de la population locale ont une nouvelle fois mis en évidence les conditions très pénibles endurées par cette main d’œuvre agricole étrangère. La Commission européenne prépare une directive en vue de réglementer leurs conditions d’entrée et de séjour. Le groupe des employeurs agricoles de l’UE se préoccupe aussi de cette délicate question.

Le groupe des employeurs agricoles de l’UE (Geopa-Copa) a débattu des conditions d’emploi des travailleurs saisonniers migrants en agriculture lors d’un séminaire qui s’est tenu à Rome en octobre dernier. Sous prétexte du nécessaire contrôle des flux migratoires, le groupe des employeurs a estimé que la directive de la Commission européenne « ne doit pas conduire à une définition restrictive de la notion de travail saisonnier, ni à une limitation de la durée des contrats saisonniers incompatible avec les cycles de travail en agriculture ».
Lors de ce séminaire, l’accent a également été mis sur les obstacles à la libre circulation des travailleurs ressortissants des Etats membres ayant récemment rejoint l’Union européenne. Selon le Geopa-Copa, une période transitoire pour la mise en œuvre de la libre circulation de ces travailleurs n’est pas justifiée, alors que marchandises, services et capitaux circulent sans entrave depuis le premier jour de leur adhésion.
Plus récemment, les légumiers français ont dénoncé les distorsions de coût du travail dans l’UE. La Fédération nationale des producteurs de légumes (FNPL) a déploré l’explosion depuis plusieurs années des importations en provenance d’Allemagne. Par le biais d’accords bi-nationaux, les producteurs allemands embauchent des ouvriers polonais au coût social pratiqué dans le pays d’origine. Le rapport est du simple au double par rapport à nos propres charges salariales, a expliqué Angélique Delahaye, présidente de la FNPL. « Nous représentons un secteur où le coût de la main d’œuvre pèse entre 40 et 70% du prix de revient, nous ne bénéficions d’aucune aide de la Pac et nous subissons les importations de produits à faible coût social », a-t-elle déploré.

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