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Alimentation/Santé Bruxelles souhaite réduire les acides gras trans industriels dans les aliments

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Avant de légiférer sur la question, la Commission européenne a décidé de lancer une consultation des parties prenantes afin de recueillir leur avis sur un projet de règlement visant à fixer une limite maximale de 2 grammes d’acides gras trans (AGT) par 100 grammes de graisses dans les aliments destinés au consommateur final. La consommation excessive d’AGT est associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire.

Le projet de règlement de la Commission visant à fixer une valeur maximale légale de 2 gr d’acides gras trans industriels pour 100 gr de graisse dans les aliments se fonde notamment sur un certain nombre d’études scientifiques, comme celle récente de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), qui souligne à nouveau que les apports alimentaires d’AGT d’origine autre que naturelle devraient être aussi faibles que possible afin d’éviter les risques pour la santé.

La Commission tient à rappeler qu’en dépit de nombreuses mises en garde contre les risques pour la santé dans certains pays d’Europe centrale et méridionale, les niveaux d’acides gras trans industriels dans les biscuits, gâteaux et autres gaufrettes préemballés n’ont pas diminué de façon significative depuis la mi-2000. Elle estime que la fixation d’une limite maximale légale devrait permettre de parvenir aux diminutions les plus importantes de la consommation d’AGT d’origine industrielle grâce à une élimination progressive et quasi complète du marché des produits à forte teneur en AGT industrielle, puisqu’elle s’appliquerait à tous les produits, aussi bien préemballés que ceux non emballés.

En principe, les AGT provenant de ruminants ne peuvent pas être couverts par cette mesure car ces AGT sont créés naturellement en quantités relativement constantes dans les graisses de ruminants et leur présence dans les produits tirés de ruminants est inévitable, ces derniers contribuant à l’apport de nutriments essentiels au régime alimentaire de l’UE.

Des options alimentaires plus saines

Aux yeux de la Commission, cette mesure, combinée à des habitudes alimentaires adéquates, pourrait ainsi constituer le moyen le plus efficace de se conformer à la recommandation de l’EFSA qui a préconisé une consommation d’AGT « aussi faible que possible dans le cadre d’un régime alimentaire approprié sur le plan nutritionnel », comme en témoigne, souligne la Commission, la consommation moyenne d’AGT d’origine industrielle de la population danoise comprise entre 0,01 g et 0,03 g par jour. Les consommateurs se verraient systématiquement proposer des options alimentaires plus saines sans devoir rechercher les produits ayant des teneurs en AGT les plus faibles. Cette mesure permettrait d’obtenir les bénéfices éventuels en matière de santé publique les plus importants, étant donné qu’elle s’appliquerait à l’ensemble des produits et que toutes les catégories de la population pourraient tirer avantage des réductions des teneurs en AGT, y compris les catégories les plus vulnérables. En fixant une limite légale harmonisée à l’échelle de l’UE, cette mesure permettrait aussi de réduire au minimum, voire de supprimer, le risque d’adoption de règles nationales qui contribueraient à une fragmentation supplémentaire du marché unique.

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Commission européenne
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Les parties prenantes intéressées par le projet de règlement de la Commission peuvent soumettre leurs commentaires jusqu’au 4 novembre 2018. Les denrées alimentaires non conformes au projet de règlement pourraient continuer à être mises sur le marché jusqu’au 1er avril 2021.

evrait modifier l’annexe III du règlement n° 1925/2006 relatif aux graisses trans -autres que les graisses trans naturellement présentes dans les graisses animales- dans les denrées alimentaires destinées au consommateur final.

 

Jusqu’à 660 000 décès par an

Certains acides gras trans sont produits industriellement. Les huiles partiellement hydrogénées constituent la principale source alimentaire d’AGT industriels. Les huiles partiellement hydrogénées contiennent généralement des graisses saturées et insaturées, dont des graisses trans en proportions variables (allant de quelques pourcents à plus de 50 %), selon la technologie de production utilisée. Une consommation élevée d’aliments contenant une teneur élevée en AGT présente de grands risques de développer une maladie coronarienne. Selon une estimation prudente, les maladies coronariennes sont à l’origine de 660 000 décès par an dans l’UE, soit environ 14 % de la mortalité globale. Des écarts importants sont observés dans l’UE, les maladies coronariennes représentent entre 6 et 36% des causes de mortalité totale, respectivement pour la France et la Lituanie. Le coût total des soins liés aux maladies coronariennes s’élèverait à 2,9 du PIB de l’UE.