Les négociateurs de l’UE assurent qu’ils cherchent à faire avancer de concert les différents volets des négociations de libre-échange avec les États-Unis dans le domaine agricole. Tout en reconnaissant que la tâche est difficile, notamment pour les produits laitiers.
« Nous poursuivons une approche globale et équilibrée », dans les négociations du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), « même si, pour tel ou tel produit, certains aspects progressent nécessairement plus rapidement que d’autres », explique le directeur général de la DG commerce de la Commission de Bruxelles, Jean-Luc Demarty, dans un courrier adressé fin décembre aux organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). Celles-ci avaient exprimé en septembre auprès de la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, leurs préoccupations quant à l’évolution des pourparlers de libre-échange avec les États-Unis, jugeant que l’accent était mis sur la question des droits de douane au détriment d’autres, les mesures sanitaires et les indications géographiques en particulier (1).
De « forts vents contraires » dans le secteur laitier
Le secteur laitier est peut-être le meilleur exemple où l’UE fait face à de « forts vents contraires » dans tous les domaines, y compris les droits de douane, les questions réglementaires (mesures sanitaires et phytosanitaires, SPS) et protection des indications géographiques, reconnaît Jean-Luc Demarty. C’est aussi un exemple où « les progrès ont été jusqu’à présent inégaux, les discussions sur les SPS étant plus avancées et progressant nettement plus que les engagements sur le démantèlement des tarifs douaniers et la protection des IG pour les fromages de l’UE ».
Dans quelques autres domaines, cependant, tels que les viandes, les engagements des États-Unis sur le démantèlement tarifaire ont dépassé les progrès dans d’autres domaines, ajoute le directeur général de la DG commerce de la Commission.
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Jean-Luc Demarty conclut en soulignant l’importance que les négociateurs européens accordent à une « protection satisfaisante des indications de l’UE » et en assurant que « le travail sur les SPS est aussi une priorité élevée » dans les négociations avec les Américains.
(1) Voir n° 3515 du 12/10/15
La France « ne transigera pas » sur les indications géographiques
« La défense de nos produits agricoles et viticoles fait partie des premières priorités de notre diplomatie et des lignes rouges » dans les négociations commerciales avec les États-Unis, et « il n’y aura pas d’accord si la question des indications géographiques (IG), et ici plus particulièrement la mention ‘château’, n’est pas prise en compte », a promis le secrétaire d’État français au commerce extérieur, Matthias Fekl, qui s’adressait mi-décembre aux vignerons et négociants du Bordelais. « Les Etats-Unis sont pour l’instant particulièrement fermés sur la question des IG en général mais nous ne transigerons pas », a-t-il dit. La prochaine session de pourparlers du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) est prévue en février.