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Sûreté alimentaire Bruxelles tire les leçons de la crise de l’E. Coli

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Suite à la crise de l’E. Coli qui a touché l’Europe l’été dernier – 50 morts, plus de 4 000 personnes touchées et de graves conséquences économiques pour le secteur des fruits et légumes – la Commission européenne veut améliorer son système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires. Des nouvelles procédures concernant spécifiquement les semences et graines germées (à l’origine de l’épidémie) vont aussi être mises en place.

La Commission européenne veut tirer les leçons de la crise de l’E. Coli de l’été dernier. Elle a annoncé le 20 juillet qu’elle allait améliorer dans les prochains mois son système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF). Objectif numéro 1 : réduire le temps de réaction des autorités sanitaires et limiter les effets économiques négatifs sur le secteur. « Le risque zéro n’existe pas. Chaque crise permet d’avancer et d’améliorer le système », prévient Bernard Van Goethem, directeur des affaires vétérinaires et internationales à la direction générale de la santé et des consommateurs.
Une des principales améliorations du système consistera à lancer l’iRASFF, une plate-forme de notification en ligne qui permettra au RASFF de fonctionner avec plus de rapidité et d’efficacité. Elle entrera en fonction le 1er janvier 2013. Autre action : la formation à la communication de crise. Certes, la crise de l’E. Coli a été l’une des plus graves qu’ait connue l’Union européenne avec une cinquantaine de morts et plus de 4 000 personnes intoxiquées, mais elle n’aurait pas dû toucher aussi fortement le secteur des fruits et légumes (tomates, concombres) alors que ce sont des semences germées (en provenance d’Egypte) qui étaient à l’origine de l’épidémie. « Lors d’une crise alimentaire, tous les acteurs sont concernés et pas seulement les États membres où se déclarent les cas. Il faut que tous les maillons réagissent de manière coordonnée, surtout qu’au début d’une crise il faut bien savoir que tout le monde travaille un peu dans le flou », explique Bernard Van Goethem. Des exercices vont être menés dans toute l’Europe pour vérifier que la chaîne d’information fonctionne bien. Des formations à l’hygiène auprès des partenaires commerciaux, notamment dans les pays tiers, vont également être organisées (via le programme de l’UE « Une meilleure formation pour des denrées alimentaires plus sûres » en coopération avec l’Autorité européenne de sécurité des aliments et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies).

De nouvelles procédures pour les semences et graines germées

Un autre volet de l’action de Bruxelles va consister à mener un travail plus spécifique sur les semences et la production de graines germées. De nouvelles règles vont être adoptées dans le domaine. Un paquet de quatre mesures a déjà obtenu le feu vert informel des Etats membres de l’UE et devrait être entériné d’ici le mois de décembre (le temps de les notifier à l’Organisation mondiale du commerce et que le Conseil et le Parlement européen les votent formellement). Il s’agit de l’approbation des producteurs de l’UE, de nouveaux critères microbiologiques pour les semences et graines germées (interdisant les importations des produits non conformes), de la traçabilité des semences au sein de l’UE et des procédures de contrôle de l’hygiène des semences destinées à être germées. Enfin, l’Efsa a été chargée de réaliser une évaluation du risque lié à la sûreté de l’alimentation d’origine non animale.

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