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Bruxelles va proposer d’étendre l’indication obligatoire de l’origine à certaines denrées alimentaires

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La Commission envisage d’étendre l’indication obligatoire de l’origine ou de la provenance à certaines denrées alimentaires. C’est ce qu’a répondu la Commission européenne à un eurodéputé français qui l’a interpellée sur la nécessité de rendre obligatoire l’étiquetage des ingrédients des produits transformés pour assurer plus de transparence.

La Commission envisage d’étendre l’indication obligatoire de l’origine ou de la provenance à certaines denrées alimentaires. C’est ce qu’a répondu la Commission européenne à un eurodéputé français qui l’a interpellée sur la nécessité de rendre obligatoire l’étiquetage des ingrédients des produits transformés pour assurer plus de transparence.

Quelles mesures compte prendre la Commission européenne pour assurer une traçabilité des ingrédients des produits transformés ? En posant cette question, Emmanuel Maurel (Gauche Unitaire, France) a tenu à souligner que si les consommateurs européens souhaitent légitimement de plus en plus de transparence sur les produits alimentaires qu’ils consomment, malheureusement l’indication de l’origine aujourd’hui n’est obligatoire que pour les aliments bruts, mais pas pour les ingrédients des produits transformés. Il a rappelé qu’en 2016, la Commission européenne a donné à la France l’autorisation de tester cette obligation d’étiquetage durant quatre ans. Mais qu’en dépit de réels avantages pour les consommateurs et une confiance accrue, l’autorisation d’expérimentation n’a malheureusement pas été renouvelée. Or, dit-il, les Européens ne sont pas prêts d’oublier les nombreux scandales, dont celui de la viande de cheval dans les lasagnes ou autres plats préparés initialement à base de bœuf. L’eurodéputé français estime qu’afin de protéger les consommateurs, la Commission européenne serait bien avisée « de rendre obligatoire l’étiquetage de l’origine des ingrédients des produits transformés, notamment l’indication de l’origine du lait ainsi que celle des viandes utilisés en tant qu’ingrédient ».

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Répondant à Emmanuel Maurel, la commissaire européenne à la santé et à la sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, a d’abord tenu à souligner que, « dans le secteur alimentaire, l’indication de l’origine n’est pas considérée comme un outil de lutte contre la fraude et qu’il existe d’autres mécanismes mis en place pour assurer la sécurité et la traçabilité des denrées alimentaires ». Elle a aussi précisé qu’il a été prouvé que ces outils sont très efficaces tant que les exigences de l’UE sont respectées. Et, selon elle, « la responsabilité première de respecter le droit alimentaire revient aux exploitants de l’industrie alimentaire, et, de leur côté, les États membres se doivent de veiller à ce qu’ils le fassent ». Concernant l’autorisation de tester l’étiquetage obligatoire durant quatre ans accordée à la France, la commissaire chypriote a tenu à corriger les informations de l’eurodéputé français en précisant que la France a bel et bien étendu les mesures nationales jusqu’au 31 décembre 2021. Elle reconnaît volontiers que les consommateurs s’intéressent de plus en plus aux informations relatives à l’origine des produits alimentaires qu’ils consomment et que, d’ailleurs, « donner aux consommateurs les moyens d’effectuer des choix alimentaires éclairés, sains et durables est l’une des priorités de la stratégie De la ferme à la table adoptée le 20 mai 2020 ». Dans ce contexte, a précisé Stella Kyrikiades, « la Commission envisage de proposer l’extension de l’indication obligatoire de l’origine ou de la provenance à certaines denrées alimentaires, en tenant pleinement compte des conséquences pour le marché unique ». Mais, a-t-elle souligné, « avant de proposer une initiative, la Commission lancera une analyse d’impact afin d’évaluer l’efficacité et les incidences possibles d’une telle mesure, y compris sur les aspects soulevés par l’honorable parlementaire ».