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Dioxine Bruxelles va renforcer la législation sanitaire européenne

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La crise de la dioxine en Allemagne a été au centre de la réunion des ministres de l’agriculture de l’UE le 24 janvier à Bruxelles. Le commissaire chargé de la santé, John Dalli, a indiqué son intention de procéder au plus vite à un renforcement de la législation sanitaire européenne afin d’offrir une meilleure sécurité aux consommateurs.

Tout en affirmant que le scandale allemand avait « bien démontré la fiabilité d’ensemble du système de sécurité alimentaire » et que la dioxine ne représente « pas de risques sanitaires immédiats pour les consommateurs », M. Dalli a néanmoins estimé utile de renforcer la sécurité entourant la chaîne de fabrication des aliments pour animaux. Quatre propositions vont ainsi être soumises au vote du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale de l’Union en février en vue d’améliorer les contrôles au niveau européen lors des manipulations et du transport des graisses. C’est le mélange de graisse à usage industriel contenant de la dioxide, un résidu de combustion pouvant être cancérigène à haute dose, avec des graisses destinées à l’alimentation animale qui est à l’origine de la contamination d’œufs et de viande de porc. En premier lieu, la Commission va proposer que les usines produisant, traitant et transportant des acides gras et graisses soient soumises à un régime « d’autorisations obligatoires » afin que leurs activités puissent être mieux contrôlées. Elle juge opportun également d’introduire une séparation stricte des lignes de production entre les graisses destinées à des usages alimentaires et les graisses industrielles. Elle n’a cependant pas encore tranché sur l’obligation de produire des graisses alimentaires sur des sites dédiés ou s’il suffirait d’imposer des normes techniques spécifiques (diamètres de tuyaux par exemple) pour éviter tout mélange accidentel avec des graisses destinées à un usage industriel. La Commission veut également renforcer la surveillance en mettant en place de contrôles (échantillonnages et analyses) des matériaux entrant dans la composition des graisses. La Commission s’interroge notamment sur la manière d’utiliser de façon plus efficace la base de données déjà établie par l’Agence européenne sur la sécurité alimentaire (EFSA). Enfin, Bruxelles voudrait contraindre les laboratoires privés à transmettre leur rapport en cas de détection de cas de dioxine.

589 exploitations toujours bloquées
En attendant la mise en place de ces nouvelles dispositions, la Commission et Berlin s’attachent à rassurer les partenaires commerciaux de l’Allemagne, alors que 589 exploitations étaient encore bloquées le 24 janvier sur le sol allemand. La Corée du Sud, le Bélarus, la Chine et la Russie imposent toujours des restrictions aux importations de viande en provenance d’Allemagne. Le 25 février, la Russie a décidé d’interdire temporairement les importations de volaille originaires d’Allemagne. Un responsable des services vétérinaires russes a estimé que cette mesure pourrait être levée vers la mi-février lorsque « le danger sera nul ». La Commission a, par ailleurs, jugé « disproportionnés » les tests systématiques mis récemment en place par la Hongrie sur les importations en provenance d’Allemagne, qui ont pour conséquence de bloquer des cargaisons entières de viande en attendant les résultats. « Si des Etats membres choisissent d’introduire des mesures nationales plus contraignantes que celles exigées au niveau communautaire, il sera difficile de convaincre les pays tiers de ne pas prendre des mesures pénalisantes », a fait valoir M. Dalli devant les ministres.

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