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UE/Prix alimentaires Bruxelles va surveiller la transmission des prix de l’amont à l’aval

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La Commission européenne souhaite durcir le contrôle des pratiques déloyales des industries agroalimentaires et des grands distributeurs, secteurs soupçonnés de s’accaparer des marges excessives. Mieux, dans une communication sur les dysfonctionnements de la chaîne alimentaire, la commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, plaide pour que tous les Etats membres se dotent de services de comparaison des prix alimentaires, services qui devraient en plus être aisément consultables sur Internet.

Il ne serait pas étonnant que les prix des produits de base agricoles recommencent à augmenter rapidement lorsque l’économie mondiale sortira de la récession. Si l’on ne corrige pas rapidement les dysfonctionnements identifiés sur le marché, il est possible que les prix des denrées alimentaires à la consommation augmentent à leur tour de manière disproportionnée, ce qui entraînerait une diminution du pouvoir d’achat et une érosion de la confiance des consommateurs, et peut-être un ralentissement de la reprise qui s’amorce dans l’économie européenne ». L’avertissement de la Commission européenne dans sa communication du 28 octobre (Une chaîne d’approvisionnement alimentaire plus performante en Europe) est on ne peut plus clair. Celle-ci estime donc « extrêmement important d’exercer une vigilance constante » afin d’identifier et de supprimer les distorsions sur le marché qui ont contribué aux asymétries observées dans la transmission des prix tout au long de la chaîne alimentaire.

Tensions significatives
La communication note en effet que depuis un certain temps, l’évolution des prix des denrées alimentaires suscite des inquiétudes quant au fonctionnement de la chaîne alimentaire. Elle souligne que la rechute brutale des prix des produits agricoles de base en 2008 « ne s’est pas encore totalement répercutée sur les prix des denrées alimentaires à la production et à la consommation ». La communication identifie des tensions significatives dans les relations contractuelles entre les acteurs de la chaîne alimentaire (agriculteurs, industrie agroalimentaire et distributeurs) provenant de leur diversité et des inégalités dans le rapport de forces. Elle met également en lumière le manque de transparence des prix le long de la chaîne alimentaire ainsi que la volatilité accrue des prix des produits de base. Enfin, elle montre que le marché intérieur des denrées alimentaires reste cloisonné selon les produits et les États membres. Mariann Fischer Boel, commissaire à l’agriculture, a déclaré à ce propos : « Comme le montrent les développements récents sur le marché des produits laitiers, il arrive trop souvent qu’il n’existe aucun lien entre le prix que l’agriculteur obtient et ce que le consommateur paie dans les magasins. Avec les autorités nationales, nous allons redoubler d’efforts pour faire en sorte que la chaîne alimentaire fonctionne efficacement du producteur au consommateur. Je demanderai au Groupe d’experts de haut niveau pour le lait d’examiner attentivement les conclusions de ce rapport et de recommander une action le cas échéant ».

Pour un comparateur des prix sur Internet
Pour relever les défis identifiés et améliorer le fonctionnement et la transparence de la chaîne alimentaire, la Commission propose de collaborer avec les États membres pour mieux identifier les pratiques contractuelles déloyales découlant des asymétries dans les rapports de forces. Plus concrètement la Commission a publié une première version de l’« instrument européen de surveillance des prix des denrées alimentaires », qui devrait aider à mieux comprendre l’évolution des prix. Elle invite en conséquence les « 27 » à mettre en place des services de comparaison des prix des denrées alimentaires au détail relevés sur le web et aisément accessibles. La Commission met également en place une série de mesures visant à améliorer la supervision du marché des dérivés des produits agricoles de base afin de limiter la volatilité et la spéculation. Elle promet aussi d’étudier les mesures visant à corriger les pratiques de limitation territoriale de l’offre par le biais desquelles les fournisseurs «obligent» les détaillants à s’approvisionner au niveau local. Bruxelles examinera les possibilités d’améliorer le pouvoir de négociation des agriculteurs, notamment par la création d’organisations de producteurs. Dans un premier temps, cette possibilité sera examinée dans le cas spécifique du secteur des produits laitiers par le nouveau groupe d’experts de haut niveau sur le lait.

Un rapport d’étape avant fin 2010
La Commission publiera, au plus tard en novembre 2010, un rapport sur l’état d’avancement de ces actions proposées sur la base des discussions en cours avec les institutions de l’UE et les parties concernées. A cet effet, la Commission propose d’élargir la composition et d’étendre le statut et le mandat du groupe de haut niveau sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire afin d’établir une plateforme de discussion pour la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

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