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Energies renouvelables Bruxelles va traduire en termes législatifs les objectifs de l’UE

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La Commission de Bruxelles doit arrêter lors de sa réunion du 5 décembre une proposition de directive sur la promotion des énergies renouvelables destinée à traduire en termes législatifs les objectifs contraignants fixés pour 2020 par le sommet européen de mars dernier, à savoir une part de 20 % du bouquet énergétique et de 10 % dans les transports, et à instaurer un régime durable pour les biocarburants ainsi que des mesures d’accompagnement pour atteindre ces objectifs. Dans un rapport adopté le 25 septembre en vue de l’élaboration de cette législation, le Parlement européen souligne notamment qu’un juste équilibre devra être constamment recherché entre la production d’aliments et celle de biocarburants.

Les députés européens demandent notamment que la future proposition législative de la Commission « contienne des mesures fortes pour la promotion de l’électricité d’origine renouvelable, l’objectif étant d’en doubler au moins la part de marché d’ici 2020 dans l’UE ».

Pour les biocarburants, ils soutiennent l’objectif de 10 % à condition que ceux-ci puissent être issus de procédés durables. Ils plaident aussi pour un équilibre entre la production d’aliments et celle de biocarburants. Les parlementaire estiment par ailleurs que les combustibles fossiles doivent être soumis aux mêmes exigences de production que les biocarburants : systèmes de certification, économie de gaz à effet de serre, analyse de cycle complet.

Des équilibres difficiles

La plupart des espèces végétales cultivées en Europe et aux Etats-Unis pour produire des carburants « verts » risquent en réalité d’accélérer le réchauffement climatique en raison des pratiques agricoles intensives, l’utilisation des engrais notamment, conclut une étude du prix Nobel de chimie, Paul Crutzen.

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Celui-ci ne condamne pas tous les biocarburants, mais invite les agriculteurs à choisir en priorité les cultures qui demandent peu d’engrais et des méthodes de récolte nécessitant moins d’énergie. Il suggère notamment d’employer certaines espèces d’arbres comme le peuplier ou le saule.

De son côté, le rapporteur de l’Onu pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, estime que ce droit « doit primer sur les motivations d’indépendance énergétique à l’origine du succès actuel des biocarburants ». Critiquant en particulier le Brésil, le sociologue suisse a fait valoir le 26 septembre à Genève, devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, que l’agrandissement des surfaces agricoles consacrées aux biocarburants avait des conséquences négatives. Les paysans sont chassés de leurs terres et le prix des céréales explose, alors que l’alimentation peut représenter jusqu’à 50 % du budget d’un ménage pauvre, a-t-il déclaré.