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Agriculture biologique Bruxelles veut améliorer la législation et garantir la crédibilité du bio

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La Commission européenne, qui vient de clôturer une consultation publique sur l’agriculture biologique, va maintenant s’atteler à la révision de la législation actuelle pour la rendre plus efficace et assurer la crédibilité d’un secteur qui a connu récemment de graves cas de fraudes.

Plus de 45 000 réponses et près de 1 600 contributions libres de citoyens et d’associations ont été reçues par la Commission européenne à l’occasion d’une consultation publique sur l’agriculture biologique lancée en janvier et clôturée le 10 avril. Au lendemain de cette échéance, Dacian Ciolos en a tiré une première synthèse, soulignant la nécessité d’améliorer la législation actuelle « afin de la rendre plus efficace, plus adaptée à la nouvelle réalité, et de garantir la crédibilité à long terme du secteur ».
S’exprimant devant le groupe consultatif sur l’agriculture biologique, le commissaire européen a aussi mis en avant « la recherche, par les citoyens européens, d’une agriculture et d’une alimentation sans OGM, sans résidus de pesticides ou de substances chimiques ».

Lutter contre les fraudes

Le bio représente aujourd’hui plus de 5 % des superficies agricoles de l’UE, et beaucoup de jeunes qui s’installent le choisissent. Au cours des deux dernières années, la surface qui y est consacrée a plus que doublé. Sur la même période, le marché a plus que quadruplé dans le monde, pour atteindre 44,6 milliards d’euros. « Le décalage entre l’offre et la demande européenne est le défi le plus important pour le secteur qui doit changer de braquet, sans changer sa nature profonde », a estimé le commissaire à l’agriculture, ajoutant que « la demande est élevée parce que les standards sont élevés » et que, « si les standards baissent, la demande baisse aussi ». C’est cette pression de la demande qui a fait apparaître « des fraudes tout-à-fait inacceptables sur le marché », a poursuivi Dacian Ciolos, faisant part de sa volonté de « regarder de très près, dans les prochains mois, la question des responsabilités, des contrôles et des méthodes de traçabilité des produits bio ».
Il faudra aussi, a-t-il dit à propos des produits importés, « garantir que le développement des échanges de produits bio n’induise pas une banalisation et une baisse des standards ou rende les contrôles insuffisants ».

« Deux pièges »

La consultation semble confirmer également une forte attente en ce qui concerne les OGM et les substances chimiques utilisées en amont ou en aval de la production, a également noté le commissaire européen. Selon lui, « la question du seuil de tolérance ou encore celle de l’autorisation de certaines substances devront être regardées de près, car, de plus en plus, la bio concerne des produits transformés ».  
Il faudra « éviter deux pièges », a résumé Dacian Ciolos : celui « d’une standardisation, d’une industrialisation et d’un allongement excessifs des circuits de fabrication et de distribution, car cela ne correspond pas aux attentes des citoyens » ; et celui « d’une règlementation tellement compliquée ou coûteuse qu’elle est pratiquement inaccessible aux petites structures qui sont, pourtant, celles que recherchent les consommateurs ».
Le commissaire européen a enfin affirmé que le bio « aura toute sa place au sein du Partenariat européen pour l’innovation ».

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