La Commission européenne se donne pour mission de contribuer à lutter contre les spéculations financières sur les marchés agricoles, spéculation qui est en grande partie à l’origine de la volatilité des prix agricoles. Par la bouche de Michel Barnier, ex-ministre français de l’agriculture et actuel commissaire européen chargé du marché intérieur et des services financiers, elle a annoncé le 8 décembre des propositions à venir pour mieux lutter contre la spéculation autour des matières premières sur les marchés – les céréales notamment – une question dont la présidence française du G20 a aussi fait une priorité.
Lors d’une conférence de presse consacrée à la révision de la directive sur les instruments financiers (Mifid), Michel Barnier, ancien ministre français de l’agriculture et actuel commissaire européen chargé du marché intérieur et des services financiers, a insisté sur les produits dérivés adossés aux matières premières agricoles. Relevant que les Etats-Unis avaient entrepris de brider les variations des cours, le responsable européen a affirmé « ne pas comprendre pourquoi sur cette question les Européens seraient moins ambitieux que les Américains ». « Je trouve l’hyper-spéculation tout à fait scandaleuse dans les matières premières agricoles », a-t-il souligné, avant de suggérer un lien avec les famines qui ont sévi dans un bon nombre de pays en développement. Des propos qui se démarquent de la doctrine longtemps défendue par la Commission européenne (et en particulier par une certaine Marianne Fischer-Boel) selon laquelle les variations des cours des matières premières s’expliqueraient « surtout par les fondamentaux, la spéculation n’ayant alors qu’un impact marginal ». L’exécutif européen avait fait passer ce message notamment lors de l’envolée des prix alimentaires mondiaux au printemps 2008. Interrogé sur ce sujet, Michel Barnier a souligné que la crise financière est passée par là et que cela a changé la donne. Selon lui, « la révision de la directive Mifid doit déboucher sur des marchés plus transparents et mieux supervisés ». Le patron du Marché intérieur souhaite mieux réguler les marchés financiers liés aux matières premières, notamment les « produits dérivés » conçus comme des sortes d’assurances permettant aux opérateurs de se couvrir en cas de grosses fluctuations des cours. Selon les experts, ces produits sont progressivement « devenus des actifs financiers comme les autres », utilisés entre autres à des fins de spéculation. La proposition de Michel Barnier devrait faire l’objet d’une proposition législative dans le courant de 2011, dans le cadre de la révision de la directive Mifid.
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